Les États-Unis retirent des dizaines d'intercepteurs THAAD pour la guerre en Iran
Les États-Unis ont déplacé des dizaines d'intercepteurs de missiles Terminal High-Altitude Area Defense (THAAD) et d'autres actifs militaires de la Corée du Sud vers le Moyen-Orient. Ce redéploiement stratégique est une conséquence directe de la guerre des États-Unis contre l'Iran, qui nécessite de renforcer les capacités de combat américaines sur ce théâtre. Le Pentagone a confirmé le transfert, le sous-secrétaire Michael Duffey décrivant une telle flexibilité opérationnelle comme une "force formidable de notre système", même si elle diminue un bouclier défensif clé sur la péninsule coréenne.
Séoul promet 3,5% du PIB en dépenses de défense alors que les risques de sécurité augmentent
Le déplacement des actifs américains a provoqué une réponse directe de Séoul. Bien que le président Lee Jae Myung ait exprimé son opposition au retrait, la Corée du Sud s'efforce d'accroître son autonomie. Le gouvernement s'est engagé à augmenter ses dépenses de défense de 2,3% du PIB l'année dernière à 3,5% d'ici 2035. Cet investissement accru s'aligne avec l'évaluation du Pentagone selon laquelle la Corée du Sud est "capable d'assumer la responsabilité principale" de la dissuasion de la Corée du Nord.
Cette transition sécuritaire se produit dans un environnement tendu. La Corée du Nord, apparemment enhardie par la réduction de la présence américaine, a récemment tiré 10 missiles balistiques vers la mer du Japon. Cette décision joue également un rôle dans les dynamiques de pouvoir régionales, car la Chine — qui a exercé des représailles économiques contre Séoul lors de l'installation initiale du THAAD en 2017 — est perçue comme un bénéficiaire principal d'une posture militaire américaine plus légère dans son arrière-cour.
Le redéploiement signale une dépriorisation de l'Indo-Pacifique
Ce redéploiement signale une dépriorisation tangible du théâtre indo-pacifique alors que l'attention stratégique des États-Unis se tourne vers le Moyen-Orient. En plus du système THAAD, deux navires du groupe amphibie USS Tripoli basé au Japon et la 31e unité expéditionnaire des Marines sont également redirigés. Cette réduction des effectifs soulève des doutes parmi les alliés régionaux clés quant à la fiabilité des engagements de sécurité des États-Unis. Selon l'ancienne directrice du Conseil de sécurité nationale Henrietta Levin, l'administration Trump a "clairement dépriorisé l'Indo-Pacifique", forçant des alliés comme la Corée du Sud et le Japon à se préparer à une ère où ils devront faire plus avec moins de soutien américain direct.