L'Espagne bloque les efforts de guerre américains, déclenchant des menaces commerciales en mars 2026
Les tensions entre Washington et Madrid se sont intensifiées début mars 2026 après que le président américain Trump a menacé de « couper tout commerce avec l'Espagne ». Cette menace a suivi deux décisions clés du gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez : premièrement, refuser d'autoriser les forces américaines à utiliser les bases militaires conjointes en Espagne pour des opérations contre l'Iran ; et deuxièmement, imposer un boycott commercial de la défense étendu contre Israël fin 2025. Cet affrontement diplomatique survient alors que le conflit américano-iranien perturbe le commerce mondial, l'Agence internationale de l'énergie ayant initié sa plus grande libération d'urgence de pétrole jamais enregistrée, soit 400 millions de barils, pour contrer les perturbations de l'approvisionnement qui ont poussé les prix du Brent au-dessus de 100 dollars le baril.
Les États-Unis envisagent la loi anti-boycott des années 1970 pour des sanctions fiscales
Au lieu de poursuivre des tarifs douaniers généralisés à l'échelle de l'UE, qui pourraient faire face à des obstacles juridiques, l'administration Trump dispose d'une option plus ciblée. Les fonctionnaires américains envisagent d'utiliser la législation anti-boycott des années 1970, en particulier l'amendement Ribicoff, pour ajouter l'Espagne à la liste des pays participant à un boycott international du Département du Trésor. Cette liste, qui comprend actuellement des nations comme le Yémen et l'Irak, a été initialement conçue pour contrer le boycott d'Israël par la Ligue arabe.
L'ajout de l'Espagne à cette liste aurait des conséquences financières directes pour les entreprises américaines ayant des activités dans le pays. Cela déclencherait de nouvelles obligations de déclaration fiscale et, plus important encore, imposerait des pénalités qui réduisent généralement le crédit d'impôt étranger d'une entreprise. Cette mesure fonctionne efficacement comme un impôt ciblé sur les affaires en Espagne, affectant toute entreprise américaine ayant une présence significative là-bas, y compris les filiales de grands entrepreneurs de la défense américaine désormais contraints de se conformer au boycott d'Israël par l'Espagne.
La défiance de Sánchez enracinée dans le sentiment anti-guerre intérieur
La politique étrangère de confrontation du Premier ministre Sánchez est largement façonnée par des calculs politiques intérieurs. Sa position ferme de « No a la guerra » (Non à la guerre) résonne auprès d'un public espagnol profondément sceptique quant aux interventions militaires américaines depuis l'implication impopulaire du pays dans la guerre en Irak en 2003. S'aligner avec Washington pourrait déstabiliser sa coalition gouvernementale de gauche, qui est fortement opposée au conflit.
Cette stratégie semble porter ses fruits politiques. Malgré les prévisions de pertes, le Parti socialiste (PSOE) de Sánchez a récemment gagné deux sièges lors des élections régionales en Castille et León, suggérant que la position anti-guerre renforce sa base de soutien. Cette défiance fait partie d'un modèle, suite au refus de l'Espagne en juin 2025 d'augmenter les dépenses de défense vers un objectif OTAN de 5 % proposé par le président Trump, une mesure qui est également populaire auprès de l'électorat espagnol.