Proposition d'une règle de 'sphère de sécurité' ciblant le marché des retraites de 14 200 milliards de dollars
Le Département du Travail américain a proposé lundi une nouvelle réglementation visant à créer une "sphère de sécurité" juridique pour les employeurs, afin de réduire les risques de litige et d'encourager l'inclusion d'investissements alternatifs tels que le capital-investissement et le crédit privé dans les plans 401(k). Cette initiative pourrait ouvrir un canal significatif pour Wall Street afin de puiser dans le marché des retraites à cotisations définies de 14 200 milliards de dollars, un objectif que l'industrie poursuit depuis des années.
La proposition fournit un cadre clair que les fiduciaires doivent suivre. Pour obtenir une protection juridique, les employeurs doivent évaluer de manière approfondie les investissements potentiels en fonction de six facteurs : les rendements ajustés au risque, les frais, la liquidité, les méthodes d'évaluation, les repères de performance et la complexité. Cette feuille de route procédurale est une réponse directe à des centaines de poursuites intentées contre les employeurs au cours des deux dernières décennies, dont beaucoup alléguaient des frais excessifs et ont dissuadé l'utilisation d'actifs alternatifs.
La règle arrive alors que le crédit privé fait face à un examen minutieux des investisseurs
Le calendrier de la proposition est sensible, car il coïncide avec des turbulences sur le marché du crédit privé. Les fonds de ce secteur font face à des pressions de retrait car les investisseurs craignent que la montée de l'intelligence artificielle ne perturbe l'industrie du logiciel, un domaine clé pour le prêt de crédit privé. Les fonctionnaires du Trésor américain impliqués dans le processus d'élaboration des règles se seraient concentrés sur la création de garanties pour empêcher les gestionnaires de transférer des actifs sous-performants aux détenteurs de 401(k).
En réponse, les dirigeants du crédit privé soutiennent que les préoccupations du marché sont une réaction excessive à des incidents isolés et ne reflètent pas la santé globale du secteur. Ils maintiennent qu'avec un nombre décroissant de sociétés cotées en bourse, les investisseurs de détail devraient avoir les mêmes opportunités d'accéder aux marchés privés qui ont historiquement été réservés aux individus fortunés et aux grandes institutions comme les fonds de pension et les dotations.
L'adoption dépend de l'intégration des fonds à date cible
Même si la règle est finalisée, les analystes anticipent un déplacement progressif des capitaux vers les investissements alternatifs. Le véritable tournant n'est attendu que lorsque les plus grands fournisseurs de fonds à date cible du pays décideront d'intégrer ces actifs. Les fonds à date cible, qui rééquilibrent automatiquement les actions vers les obligations à mesure que l'investisseur vieillit, sont l'option d'investissement par défaut pour des millions d'employés et représentent une porte d'entrée essentielle au système 401(k).
La règle fournit une "feuille de route de défense" mais n'accorde pas une immunité complète contre les poursuites. Elle exclut notamment les "fonds de continuation" – où une entreprise acquiert des actifs de ses propres fonds affiliés – de la protection de la sphère de sécurité en raison des risques élevés de conflit d'intérêts. La proposition est maintenant ouverte à une période de commentaires publics de 60 jours avant de pouvoir être finalisée.