La demande de logement freinée par la hausse des coûts d'emprunt
Les taux hypothécaires fixes à 30 ans aux États-Unis ont bondi à 6,57 %, leur plus haut niveau en sept mois, pour la semaine se terminant le 27 mars. Une liquidation des bons du Trésor américain, provoquée par le conflit au Moyen-Orient, a poussé les coûts d'emprunt à leur plus haut niveau depuis août 2025. Ce mouvement prolonge un net revirement par rapport à l'optimisme du début d'année qui avait offert un bref répit au marché immobilier.
« Il s'agit davantage d'une grande incertitude sur les marchés à risque et d'une demande de liquidités », a déclaré Thomas Simons, économiste des marchés monétaires chez Jefferies, notant que les acteurs du marché vendent de bons actifs « juste pour avoir du cash ».
Le bond hebdomadaire de 14 points de base, rapporté mercredi par la Mortgage Bankers Association (MBA), a immédiatement pesé sur l'activité immobilière. Les demandes de refinancement hypothécaire ont plongé de 17,3 % en une seule semaine, tandis que les demandes d'achat ont baissé pour la deuxième semaine consécutive. Cette envolée des taux suit une tendance plus large en mars, qui a vu les coûts d'emprunt grimper de près d'un demi-point de pourcentage.
La flambée des taux efface de fait les gains d'accessibilité du début de l'année, constituant un vent contraire important pour la saison cruciale des achats printaniers. Avec la hausse des coûts d'emprunt, la reprise naissante du marché immobilier est désormais en péril, exerçant une pression renouvelée sur les constructeurs de maisons et les services financiers liés à l'immobilier.
Le marché du Trésor sous pression
Le principal moteur de la hausse des taux est la performance du marché du Trésor américain, qui est fortement corrélée aux taux hypothécaires. Les rendements des bons du Trésor à 10 et 30 ans ont grimpé de manière significative durant la majeure partie du mois de mars en raison des craintes d'inflation découlant de la guerre en Iran.
Cette pression a été intensifiée par les ventes étrangères. Selon les stratégistes de BofA Securities, les avoirs de titres du Trésor en garde — un indicateur de la demande des banques centrales étrangères — ont chuté de 66 milliards de dollars depuis le début du mois de mars. Les principaux pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient figureraient parmi les vendeurs, réduisant leurs avoirs en dette publique américaine pour accroître leur propre liquidité dans le contexte du conflit.
Un répit passager ?
Bien que la tendance de mars ait été nettement à la hausse, les marchés ont connu un bref inversement en fin de mois. Le lundi 30 mars, le taux fixe moyen à 30 ans est redescendu à 6,55 %, selon Mortgage News Daily.
Cette baisse a correspondu à un rallye des bons du Trésor, les inquiétudes des investisseurs passant momentanément de l'inflation au risque de ralentissement économique. Cependant, avec les tensions géopolitiques sous-jacentes et les demandes de liquidités non résolues, il reste incertain de savoir si la brève reprise du marché obligataire marque un tournant définitif pour les taux hypothécaires.
Cet article est à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.