Les alliés saisissent 14 pétroliers d'un réseau illicite de 1 300 navires
Commencée avec la capture du pétrolier battant pavillon guyanais Skipper le 10 décembre pour transport de pétrole sous sanction, les États-Unis et leurs alliés ont intensifié leurs efforts pour démanteler la flotte fantôme mondiale. Depuis cette date, les forces américaines ont saisi neuf autres pétroliers, complétés par une saisie par la France et trois par l'Inde, portant le total à au moins 14 navires capturés. Ces actions représentent la pression la plus significative exercée jusqu'à présent sur le réseau fantôme qui finance les régimes sanctionnés.
Cette flotte illicite s'est étendue à environ 1 300 navires, selon les données de TankerTrackers.com. En 2025, ces navires représentaient 6 % à 7 % des flux mondiaux de pétrole brut, la Russie à elle seule dépendant de ce réseau pour acheminer environ 80 % de ses exportations de pétrole. Soulignant l'évasivité de la flotte, moins des trois quarts de ces navires ont transmis leur position le 10 février, disparaissant ainsi efficacement des systèmes de suivi publics.
Les tactiques évasives laissent 300 millions de barils bloqués en mer
Les opérateurs emploient des méthodes sophistiquées pour dissimuler leurs activités, ce qui complique les efforts d'interdiction. La fréquence des transferts de navire à navire en haute mer a doublé au cours de la dernière année, masquant les origines des cargaisons. D'autres tactiques courantes incluent les "escales en port sombre", où le système d'identification automatique (AIS) d'un navire est désactivé pour entrer dans un port sans être détecté, et le "spoofing", où un navire falsifie sa diffusion AIS pour apparaître à un endroit différent tout en menant des opérations illicites ailleurs.
Le risque accru de saisie et de sanctions a rendu les acheteurs en Chine et en Inde de plus en plus hésitants à acheter le brut à prix réduit. En conséquence, on estime que 300 millions de barils de pétrole russe et iranien sont actuellement en mer sans destination finale, selon le traqueur de navires Vortexa. Ce volume croissant de pétrole invendu introduit une incertitude significative sur le marché, car les négociants peinent à trouver des acheteurs consentants au milieu de la répression.
La répression risque de provoquer une flambée des prix alors que les nations sanctionnées contrôlent 11 % de la production pétrolière
La campagne d'application de la loi représente un défi délicat pour la stabilité énergétique mondiale. La Russie et l'Iran représentent collectivement plus de 11 % de la production mondiale de pétrole, ce qui signifie qu'un retrait complet de leur approvisionnement du marché pourrait déclencher une forte augmentation des prix du brut et de l'inflation mondiale. C'est un résultat particulièrement sensible pour les États-Unis et leurs alliés.
Malgré les saisies récentes qui ont fait grimper les coûts et les risques pour les opérateurs de la flotte fantôme, le nombre impressionnant de navires et leurs techniques de tromperie avancées rendent la fermeture complète du réseau une tâche gigantesque. Bien que le quasi-blocus ait perturbé le commerce, en particulier pour le pétrole vénézuélien, le marché est maintenant pris entre le risque d'un choc d'approvisionnement et la pression à la baisse des prix due à un surplus massif de pétrole bloqué en mer.