Les taux à terme atteignent 5,62% malgré la stabilité des rendements à court terme
Alors que le marché obligataire américain semble calme en surface, une divergence significative entre les attentes à court et à long terme révèle une anxiété croissante quant à l'avenir fiscal de la nation. Depuis l'investiture du président Donald Trump en janvier, le rendement de référence du Trésor à 10 ans a chuté de 0,584 point de pourcentage pour atteindre 4,04%, reflétant la stabilité et la confiance à court terme. Ce phénomène a été soutenu par le sentiment du marché selon lequel les flux de revenus pourraient être gérés même après l'annulation des tarifs douaniers qui ont rapporté plus de 200 milliards de dollars l'année dernière.
Cependant, un examen plus approfondi de la courbe des rendements révèle une histoire différente. Les rendements des bons du Trésor à 20 ans et à 30 ans ont connu des baisses plus modestes de 0,28 et 0,15 point de pourcentage, respectivement. L'indicateur le plus clair du risque à long terme, le taux à terme 10y10y, a évolué dans la direction opposée. Ce taux, qui mesure le rendement à 10 ans attendu à partir de 10 ans (2036-2046), a augmenté de 0,535 point de pourcentage pour atteindre 5,62273%, signalant que les investisseurs anticipent des problèmes significatifs dans une décennie.
Les craintes de déficit alimentent la prime de risque à long terme
Les analystes expliquent cette divergence par une augmentation de la « prime de terme » – le rendement supplémentaire que les investisseurs exigent pour se couvrir contre l'incertitude future. Cette prime est directement liée aux préoccupations concernant l'offre massive d'obligations d'État nécessaire pour financer les déficits fédéraux élevés.
Selon moi, l'augmentation des primes de terme est fonction de plusieurs facteurs. Le plus important est l'inquiétude concernant l'offre de titres du Trésor à l'avenir, compte tenu de déficits aussi élevés.
— Brij Khurana, gestionnaire de portefeuille à revenu fixe chez Wellington Management.
Cette inquiétude a été qualifiée de « prime de risque Trump » par l'ancien stratège de Goldman Sachs, Robin Brooks, qui a noté que cette hausse pourrait s'accélérer. Le marché raconte en fait deux histoires distinctes. Les rendements à court terme sont influencés par les attentes de baisses de taux de la Réserve fédérale, mais le taux à terme exclut cet effet, offrant une vision plus claire des préoccupations budgétaires à long terme. Comme l'explique Noah Wise, gestionnaire de portefeuille principal chez Allspring Global Investments, « Les rendements à court terme réagissent aux attentes de la Fed, mais le 10y10y réagit aux mathématiques budgétaires. » Ces mathématiques suggèrent qu'un ratio dette/PIB beaucoup plus élevé dans une décennie nécessitera un taux d'intérêt plus élevé pour attirer les acheteurs de dette américaine.