Unilever prévoit une scission exonérée d'impôts d'une valeur allant jusqu'à 35 milliards de dollars
Unilever avance dans les pourparlers visant à scinder et fusionner sa division alimentaire avec le fabricant d'épices américain McCormick, un accord qui donnerait à ses actionnaires une participation majoritaire dans l'entité combinée. Selon des sources proches du dossier, la transaction est structurée comme un reverse Morris trust (RMT) afin d'éviter le déclenchement des impôts sur les plus-values. Cet arrangement fiscalement avantageux permettrait aux actionnaires d'Unilever de détenir plus de 50 % de la nouvelle entreprise, de plus grande envergure.
Barclays estime la valeur de l'unité alimentaire d'Unilever, qui comprend des marques comme la mayonnaise Hellmann's et les bouillons Knorr, entre 28 milliards d'euros (32 milliards de dollars) et 31 milliards d'euros (35 milliards de dollars), dette comprise. McCormick, fabricant de la sauce piquante Cholula, a une valeur d'entreprise de près de 18 milliards de dollars. Cette structure, où une entité plus petite acquiert une division plus grande, est une caractéristique commune des accords RMT conçus pour l'optimisation fiscale.
L'accord forge un géant des saveurs issu de la discipline de M&A de McCormick
Pour Unilever, la transaction proposée marque un pivot stratégique significatif s'éloignant de l'alimentation pour se tourner vers ses activités de beauté, de bien-être et de soins à domicile à plus forte marge. Cette décision fait suite à une série de cessions récentes, y compris sa division de crème glacée et sa marque de snacks Graze, alors que la société rationalise son portefeuille pour se concentrer sur les domaines de croissance clés. En scindant sa division alimentaire, Unilever accélère sa transformation en un géant des biens de consommation plus ciblé.
McCormick aurait suivi l'activité alimentaire d'Unilever pendant des années, considérant ses marques mondiales comme des actifs sous-évalués au sein du conglomérat plus vaste. L'approche disciplinée du fabricant d'épices en matière d'acquisitions, y compris son rachat réussi de la division alimentaire de Reckitt Benckiser en 2017, lui a conféré la flexibilité financière nécessaire pour poursuivre cette fusion transformatrice. L'entreprise combinée deviendrait une force dominante sur le marché mondial des saveurs et des assaisonnements, créant une pression concurrentielle significative dans l'ensemble de l'industrie des aliments emballés.