Le géant des produits de consommation se prépare aux vents contraires économiques de la guerre avec l'Iran, rejoignant une liste croissante d'entreprises prenant des mesures défensives.
Unilever Plc a gelé tous ses recrutements mondiaux pour une période d'au moins trois mois, en réponse directe à l'escalade du conflit au Moyen-Orient qui menace de paralyser les chaînes d'approvisionnement et de faire grimper les coûts de l'énergie dans l'économie mondiale.
« Les réalités macroéconomiques et géopolitiques, en particulier le conflit au Moyen-Orient... apportent des défis importants pour les prochains mois », a écrit Fabian Garcia, responsable de l'activité soins personnels d'Unilever, dans une note interne envoyée au personnel à la fin de la semaine dernière. « L'équipe de direction d'Unilever a accepté un gel mondial du recrutement à tous les niveaux. »
Cette décision fait du fabricant de savon Dove l'une des multinationales les plus en vue à prendre des mesures défensives manifestes contre l'élargissement de la guerre, qui a déjà créé la pire perturbation jamais enregistrée dans l'approvisionnement en pétrole et en gaz. La flambée des coûts de l'énergie se répercute sur les industries adjacentes, la production de produits chimiques et de plastiques ralentissant, tandis que les compagnies aériennes et les détaillants se préparent à l'impact.
Pour Unilever, le gel des embauches ajoute une nouvelle couche de prudence par rapport à une campagne agressive de réduction des coûts déjà en place. Le géant basé à Londres navigue déjà dans une restructuration pluriannuelle visant à économiser 800 millions d'euros (916,72 millions de dollars) et est en pourparlers avancés pour scinder sa division alimentaire dans le cadre d'un méga-accord avec McCormick & Co.
Réduction des coûts et remodelage de l'entreprise
L'arrêt du recrutement accentue une réduction déjà importante des effectifs de l'entreprise. L'effectif actuel d'Unilever est d'environ 96 000 personnes, en forte baisse par rapport aux 149 000 environ de 2020. Le programme d'économies en cours, initié en 2024, devait déjà affecter environ 7 500 postes de bureau dans le monde.
Ce gel intervient alors qu'Unilever opère un pivot stratégique majeur sous la direction du PDG Fernando Fernandez. La société a confirmé le 20 mars qu'elle était en discussion pour vendre ses activités alimentaires, évaluées entre 32 et 35 milliards de dollars, au fabricant d'épices américain McCormick. Un tel mouvement permettrait à Unilever de se concentrer sur ses catégories de beauté, de bien-être et de soins personnels à plus forte croissance.
« Détacher une division majeure au sein d'une entreprise peut être un véritable défi », explique Issy Perez, associé directeur du cabinet de conseil Boyden. « Ces séparations impliquent des systèmes centralisés et profondément enracinés – comme l'assurance qualité, la conformité à la sécurité alimentaire, les contrats d'approvisionnement et les réseaux de co-fabrication – qui doivent tous être soigneusement reconstruits ou transférés. »
Pressions sectorielles
Les pressions citées par Unilever ne sont pas uniques. La firme concurrente de produits de consommation Kimberly-Clark Corporation est également confrontée à des « pressions légitimes et généralisées », selon une note de la Deutsche Bank du 30 mars, qui lie ces défis au conflit au Moyen-Orient. La banque a noté des inquiétudes concernant l'inflation des coûts, le risque que les consommateurs se tournent vers des produits moins chers et les mouvements de change défavorables.
Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.