L'offre de 35 milliards d'euros d'UniCredit rencontre une vive résistance allemande
La tentative d'UniCredit d'acquérir Commerzbank a rencontré une forte hostilité en Allemagne après que la banque italienne a formalisé ses ambitions de rachat. L'offre entièrement en actions de la banque italienne propose un ratio d'échange de 0,485 de ses actions pour chaque action Commerzbank. Cela valorise la banque allemande à 30,80 euros par action, soit une légère prime de 4 % par rapport à son dernier cours de clôture, pour une valorisation totale de près de 35 milliards d'euros. La direction de Commerzbank, dirigée par la PDG Bettina Orlopp, a rejeté l'offre, déclarant qu'elle "n'apporte pas de valeur à ses actionnaires" et réaffirmant son engagement envers l'indépendance. La résistance est amplifiée par les représentants des employés, avec le chef du comité d'entreprise Sascha Uebel dénonçant cette initiative comme hostile. Le gouvernement allemand, qui détient une participation de 12,72 % suite à un renflouement pendant la crise financière de 2008-09, s'oppose également à l'accord, créant un formidable obstacle politique.
UniCredit explore de nouvelles options pour dépasser 30 % de participation
Pour sortir de l'impasse, UniCredit envisage désormais des moyens d'améliorer son offre. Un rapport du 22 mars du journal italien Il Messaggero a indiqué que la banque examinait trois options potentielles pour rendre l'accord plus attractif. Ce pivot stratégique intervient alors qu'UniCredit, qui détient déjà une participation combinée de près de 29 % via des actions et des instruments financiers, cherche à franchir le seuil critique de 30 % de propriété. En vertu du droit allemand, le dépassement de ce niveau forcerait UniCredit à faire une offre obligatoire à tous les actionnaires, mais le PDG Andrea Orcel a déclaré que la banque n'avait "aucune attente d'obtenir le contrôle". Cette démarche est conçue pour consolider sa position et établir des ponts avec les parties prenantes avant une soumission officielle prévue en mai. UniCredit a l'intention de demander l'approbation des actionnaires pour une augmentation de capital nécessaire lors d'une assemblée générale extraordinaire le 4 mai.
La stratégie d'Orcel confronte des obstacles politiques et financiers
La stratégie à long terme du PDG d'UniCredit, Andrea Orcel, est de forger une banque paneuropéenne plus grande capable de concurrencer les institutions financières américaines dominantes. L'offre pour Commerzbank est la pierre angulaire de cette ambition. Cependant, Orcel lui-même a qualifié le scénario d'acquisition totale de "lointain", notant que l'acquisition de 100 % de la banque allemande consommerait 200 points de base significatifs du capital de la banque. Le moment de l'offre semble opportun, car le cours de l'action de Commerzbank a chuté de plus de 18 % depuis le début de l'année, ce qui pourrait rendre l'évaluation plus acceptable pour UniCredit. Malgré la logique financière, la voie à suivre est compliquée par l'opposition enracinée du conseil d'administration de Commerzbank et du gouvernement allemand, préparant le terrain pour une bataille contentieuse pour le contrôle de la deuxième plus grande banque privée d'Allemagne.