Les rendements des gilts britanniques dépassent 5% alors que la crise énergétique s'aggrave
Les rendements des obligations d'État britanniques ont grimpé à des niveaux inédits depuis la crise financière mondiale de 2008, signalant une vive inquiétude des investisseurs quant aux retombées économiques du conflit croissant en Iran. Le rendement des obligations d'État britanniques à 10 ans, ou gilt, a franchi le seuil de 5% après une forte vente. En un mois, un indice clé des gilts conventionnels a chuté de près de 5%, effaçant plus de 100 milliards de livres sterling de valeur marchande. Cette rapide réévaluation rappelle les turbulences du marché liées au mini-budget de 2022, mais le catalyseur est externe : un choc des prix de l'énergie causé par la perturbation des flux de pétrole et de gaz via le détroit d'Ormuz.
La réaction du marché reflète les craintes que la flambée des prix de l'énergie n'alimente une nouvelle vague d'inflation. Les investisseurs exigent désormais une prime plus élevée pour détenir la dette britannique, ce qui augmente les coûts d'emprunt pour le gouvernement. Cela place le Royaume-Uni à l'avant-garde d'un test de stress mondial, car sa forte dépendance au gaz importé le rend particulièrement vulnérable aux chocs énergétiques géopolitiques.
Le gouvernement s'engage à la discipline budgétaire, résiste à une aide généralisée
En réponse à la pression du marché, la Chancelière de l'Échiquier Rachel Reeves a déclaré mardi que le gouvernement adhérerait à ses règles budgétaires "solides comme le fer". Elle a explicitement exclu de répéter les mesures de soutien "non ciblées et non financées" déployées en 2022 et 2023, une décision visant à calmer les marchés obligataires. Jusqu'à présent, le gouvernement n'a annoncé qu'un modeste paquet de soutien de 53 millions de livres sterling (71,2 millions de dollars) pour les ménages dépendants du fioul domestique, dont les coûts ont fortement augmenté.
Pour répondre aux préoccupations d'exploitation par les entreprises, Reeves a confirmé que le gouvernement accorderait des pouvoirs supplémentaires à l'Autorité de la concurrence et des marchés afin d'empêcher les entreprises de réaliser des profits exceptionnels grâce à la crise. En privilégiant la stabilité budgétaire plutôt qu'un stimulus à grande échelle, le Trésor signale aux investisseurs qu'il ne mettra pas en péril la crédibilité financière du pays, même si les ménages et les entreprises sont confrontés à des pressions croissantes sur les coûts.
L'économie britannique fait face à un 'double coup dur' alors que le rationnement mondial commence
La flambée des rendements des gilts resserre les conditions financières de l'économie britannique, créant un 'double coup dur' de factures énergétiques plus élevées et de coûts d'intérêt croissants. Le rendement de 5% sur les gilts à 10 ans sert de référence pour les prêts hypothécaires et les prêts aux entreprises, ce qui signifie que les coûts d'emprunt sont appelés à augmenter pour les propriétaires et les entreprises. Cela menace de freiner l'activité dans les secteurs sensibles au crédit comme le logement et la construction. La situation se déroule alors qu'une crise énergétique mondiale prend de l'ampleur, des pays comme la Slovénie, l'Égypte et les Philippines ayant déjà introduit le rationnement du carburant et d'autres mesures d'urgence. Au Royaume-Uni, des plans d'urgence pour une potentielle crise d'approvisionnement seraient en cours d'examen, y compris une éventuelle limite de 30 livres sterling sur les achats de carburant.