Les actions d'UBS Group AG ont rebondi de 6,5 % mardi après des informations selon lesquelles les législateurs suisses auraient signalé en privé leur volonté d'édulcorer les nouvelles règles strictes en matière de fonds propres, apaisant ainsi les craintes des investisseurs quant à un impact potentiel de 22 milliards de dollars. Le titre de la banque a clôturé à son plus haut niveau depuis deux semaines, offrant une lueur d'espoir dans une année où sa valeur a chuté de près de 18 %.
« Un groupe restreint de parlementaires a déclaré aux dirigeants d'UBS qu'ils "résoudraient le problème en s'entendant sur un compromis" concernant les propositions du ministère des Finances », a rapporté le Financial Times, citant des personnes proches du dossier.
Le paquet de réformes « trop important pour faire faillite » (too big to fail), une réponse directe au rachat de Credit Suisse orchestré par le gouvernement en 2023, pourrait être officiellement publié par le ministère des Finances dès le mois d'avril. Les éléments les plus controversés seraient ensuite transmis au Parlement suisse pour un débat qui devrait débuter en juin.
L'enjeu réside dans le montant final des exigences de fonds propres qu'UBS doit détenir, en particulier pour ses vastes opérations internationales. Une réduction substantielle par rapport au chiffre de 22 milliards de dollars évoqué libérerait des milliards de capitaux, stimulant potentiellement les rendements pour les actionnaires et atténuant ce que les dirigeants d'UBS ont qualifié de menace critique pour la compétitivité de la Suisse en tant que place financière face aux rivaux américains et britanniques.
Une refonte en deux volets
Le paquet de réformes présenté par la ministre suisse des Finances, Karin Keller-Sutter, se compose de deux volets principaux. Le premier concerne des changements réglementaires au niveau de l'exécutif, axés sur la qualité du capital d'UBS. Ces mesures durciraient les règles de valorisation d'actifs tels que les crédits d'impôt différés et les logiciels internes, ajoutant environ 2 à 3 milliards de dollars aux besoins en fonds propres de base. Toutefois, des analystes cités par le FT estiment que l'impact global pourrait restreindre les types de capitaux qu'UBS peut utiliser, portant l'effet total à près de 11 milliards de dollars.
Le second volet, plus significatif, obligerait UBS à détenir nettement plus de capitaux pour ses filiales étrangères. L'objectif est de garantir que ces unités puissent être stabilisées ou liquidées en cas de crise sans dépendre de la maison mère suisse. C'est sur ce second point que les législateurs disposent de la plus grande marge de manœuvre pour un assouplissement.
Le chemin politique à venir
L'optimisme récent découle du processus législatif. Alors que le ministère des Finances a adopté une ligne dure, rejetant une proposition de compromis à la fin de l'année dernière, le dossier va bientôt passer au Parlement. Une commission parlementaire clé de l'économie et des redevances doit reprendre le processus en mai.
« À partir de ce moment-là, nous aurons un plus grand pouvoir de décision », a déclaré une personne impliquée dans les discussions au FT. Ce basculement offre à UBS une nouvelle voie pour plaider en faveur d'un résultat moins contraignant, déplaçant le débat d'un exercice purement réglementaire vers un terrain politique.
Un bras de fer à enjeux élevés
Ces discussions se déroulent dans un contexte de frustration croissante de la part d'UBS. Le président Colm Kelleher et le CEO Sergio Ermotti ont averti à plusieurs reprises que les règles proposées placeraient la banque dans une situation de désavantage concurrentiel significatif par rapport à ses pairs mondiaux. Bien que cela n'ait jamais été déclaré explicitement, la banque a prévenu en privé qu'un résultat défavorable pourrait l'obliger à envisager de déplacer son siège social vers une juridiction plus favorable.
Pour les investisseurs, le signal des législateurs constitue le premier espoir concret que le pire scénario d'un impact de 22 milliards de dollars sur les fonds propres puisse être évité. L'issue finale reste toutefois incertaine et dépendra des négociations politiques des prochains mois.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.