La Turquie maintient ses taux le 12 mars, citant une inflation due à la guerre
La banque centrale turque a maintenu ses taux d'intérêt stables le 12 mars 2026, signalant une pause dans son cycle d'assouplissement alors que le conflit géopolitique perturbe les marchés de l'énergie. La décision de la banque est une réaction directe à la hausse des prix de l'énergie et à la détérioration de l'appétit pour le risque mondial suite au déclenchement de la guerre en Iran. Cette mesure souligne la position difficile des économies de marché émergentes fortement dépendantes des importations d'énergie et vulnérables aux sorties de capitaux.
Alors que la banque a noté une tendance inflationniste sous-jacente relativement stable en février, sa déclaration a souligné que l'impact de la guerre sur les coûts de l'énergie représentait une menace inflationniste significative. Cette décision place la Turquie à l'avant-garde des banques centrales désormais contraintes de réévaluer leur politique monétaire face à un grave choc de prix externe, compliquant les efforts pour soutenir la croissance économique.
Le pétrole bondit au-dessus de 100 $ alors que la fermeture d'Ormuz retire 20 millions de barils par jour
La prudence de la banque centrale découle d'une forte réévaluation des marchés mondiaux de l'énergie. Les prix du pétrole ont bondi de moins de 70 dollars le baril le 27 février à un pic de près de 120 dollars après la fermeture effective du détroit d'Ormuz, un point de passage critique pour le commerce mondial. Cette perturbation, qui a suivi les frappes de missiles du 28 février, a retiré environ 20 millions de barils de pétrole par jour – un cinquième de l'approvisionnement mondial – du marché. Aux États-Unis, les prix moyens de l'essence sont rapidement passés de moins de 3 dollars à 3,48 dollars le gallon en une semaine seulement.
Le choc d'approvisionnement s'étend au-delà du pétrole brut. Le détroit d'Ormuz est également une route de transit clé pour jusqu'à 30 % des exportations mondiales d'engrais, y compris l'urée, l'ammoniac et les phosphates. La perturbation menace d'augmenter les coûts pour les agriculteurs du monde entier, annonçant de futures augmentations des prix alimentaires et ajoutant une autre couche de pression inflationniste sur l'économie mondiale.
Les banques centrales confrontées à une menace de stagflation de type années 1970
La crise iranienne crée un dilemme politique classique pour les banquiers centraux du monde entier, rappelant les chocs pétroliers des années 1970. Des prix de l'énergie plus élevés alimentent l'inflation, ce qui justifie généralement des taux d'intérêt plus élevés. Cependant, ils agissent également comme une taxe sur les consommateurs et les entreprises, ralentissant la croissance économique, ce qui appellerait normalement à des baisses de taux. Cette pression stagflationniste intensifie le débat au sein d'institutions comme la Réserve fédérale américaine sur la bonne voie politique à suivre.
Les décideurs sont désormais contraints de choisir entre lutter contre l'inflation et prévenir une récession. Le souvenir des erreurs politiques passées plane sur ces décisions, rendant un assouplissement agressif moins probable à court terme.
Leurs esprits se tourneront facilement vers les années 1970. Les banquiers centraux sont hantés par le souvenir que leurs prédécesseurs n'ont pas agi correctement dans les années 1970. Ils pensaient que c'était un choc temporaire. Ils pensaient pouvoir s'adapter avec des taux d'intérêt plus bas, et ils l'ont regretté parce que l'inflation est devenue beaucoup plus élevée.
— Simon Johnson, économiste, Massachusetts Institute of Technology.