Les voyages des Canadiens vers les États-Unis chutent de 25%
La politique commerciale américaine a directement provoqué un effondrement historique des voyages canadiens vers les États-Unis. Selon les données de Statistique Canada, mises en évidence dans une nouvelle recherche de la Banque du Canada, les voyages des Canadiens vers les États-Unis ont diminué de 25% en 2025, marquant la plus forte baisse annuelle jamais enregistrée, hormis la période de pandémie. Ce recul du tourisme transfrontalier correspond à une augmentation des voyages intérieurs. Entre les premier et troisième trimestres de 2025, les Canadiens ont effectué 4% de voyages supplémentaires au Canada et ont augmenté leurs dépenses en voyages et tourisme intérieurs de 10%.
Le virage des consommateurs vers les produits nationaux présente un risque d'inflation
La recherche, publiée jeudi par les analystes de la Banque du Canada, a également identifié un changement tangible dans les habitudes d'achat. En utilisant des données de transaction détaillées de NielsenIQ, le rapport a constaté que depuis mars 2025, les ménages canadiens ont réorienté leurs dépenses alimentaires des produits américains vers des alternatives nationales. Bien que décrite comme une tendance « modeste mais clairement visible », le changement a été le plus prononcé dans des catégories comme le café et les jus de fruits. L'analyse suggère que ce mouvement « Achetez canadien » reste solide sans signe de fléchissement, une tendance alimentée par les politiques protectionnistes et la rhétorique du président Trump.
La persistance de ce comportement des consommateurs a des implications macroéconomiques. Le rapport de la banque centrale avertit que la préférence soutenue pour les produits nationaux pourrait modifier la composition du produit intérieur brut du Canada et ajouter aux pressions inflationnistes. Ce changement axé sur le consommateur intervient alors que l'économie canadienne dans son ensemble fait face à une incertitude considérable, les investissements des entreprises et les plans d'embauche étant freinés par l'examen imminent de l'accord commercial USMCA dirigé par les États-Unis, que de hauts fonctionnaires de la banque centrale ont signalé comme un risque clé pour les perspectives économiques.