L'essence atteint 3,60 $, incitant la Maison Blanche à réévaluer
Les tensions géopolitiques croissantes ont poussé les prix du carburant aux États-Unis à des sommets pluriannuels, forçant l'administration Trump à envisager des mesures d'urgence. Le 12 mars, le prix moyen national de l'essence au détail a atteint 3,60 dollars le gallon pour la première fois depuis mai 2024, tandis que les prix du diesel ont atteint 4,89 dollars le gallon, le plus haut niveau depuis décembre 2022. Ces flambées de prix, liées aux perturbations dans le détroit d'Ormuz et au pétrole brut Brent s'échangeant autour de 100 dollars le baril, ont incité la Maison Blanche à annoncer qu'elle évaluait une dérogation temporaire au Jones Act.
La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré jeudi que l'administration envisageait la dérogation "dans l'intérêt de la défense nationale" pour assurer la libre circulation des produits énergétiques et agricoles entre les ports américains. Cette mesure vise à contrecarrer les perturbations de l'approvisionnement et à soulager les consommateurs, en particulier dans les régions dépendantes des importations comme le Nord-Est et la côte ouest.
La dérogation vise à réduire les coûts d'expédition en autorisant les navires étrangers
Le Jones Act de 1920 stipule que toutes les marchandises transportées entre les ports américains doivent utiliser des navires construits aux États-Unis, battant pavillon américain et appartenant à des Américains. Cette loi protectionniste a abouti à une flotte de pétroliers conformes petite et coûteuse. Une dérogation temporaire permettrait aux navires battant pavillon étranger de desservir les routes intérieures, augmentant ainsi l'offre de navires disponibles et réduisant théoriquement les coûts d'expédition. Les analystes prévoient que l'impact sur les consommateurs pourrait être modeste, ralentissant potentiellement les augmentations de prix d'environ cinq cents le gallon.
La dérogation proposée vise également la hausse des coûts des "nécessités agricoles". Le 9 mars, la Fédération américaine des bureaux agricoles a demandé une dérogation pour améliorer la capacité de transport intérieur des engrais, avertissant de flambées des prix avant la saison de plantation critique. Des régions comme la Californie, qui importe environ 60 % de son pétrole brut et 15 % de son carburant raffiné, sont particulièrement exposées à ces coûts d'expédition élevés.
Les syndicats maritimes soutiennent que la dérogation menace les emplois aux États-Unis
La proposition fait face à une forte opposition des syndicats maritimes et des associations professionnelles, qui soutiennent qu'une dérogation nuirait aux intérêts américains sans résoudre le problème sous-jacent. Une coalition de sept syndicats maritimes a soutenu que le principal facteur des prix élevés de l'essence est le coût du pétrole brut, et non le transport maritime intérieur, et que toute économie résultant d'une dérogation serait peu susceptible de parvenir aux consommateurs. Ils ont averti que l'autorisation des opérateurs battant pavillon étranger profiterait aux entreprises qui utilisent une main-d'œuvre à bas salaire et évitent les impôts américains, sapant ainsi la sécurité nationale.
L'Association des services maritimes offshore a fait écho à ces préoccupations, déclarant que déroger au Jones Act "ne fonctionnera pas et mettra en péril les emplois américains". L'association a ajouté qu'une telle décision envoie un signal négatif aux entreprises qui envisagent des investissements dans les navires et les chantiers navals américains. Le gouvernement a accordé des dérogations avec parcimonie par le passé, le plus récemment en 2017 après que de grands ouragans aient perturbé l'approvisionnement en carburant.