Les traders anticipent trois hausses alors que les rendements obligataires grimpent
Les marchés financiers remettent en question la position politique récente de la Banque du Canada, anticipant la probabilité de trois hausses de taux d'intérêt d'ici fin 2026. Ce sentiment du marché s'est intensifié après que la banque centrale ait maintenu son taux directeur inchangé à 2,25 % le 18 mars, les traders pariant que les pressions inflationnistes issues de la guerre en Iran forceront les décideurs politiques à se resserrer. Cette réévaluation a fait grimper les rendements des obligations d'État canadiennes à deux et cinq ans, ce qui se traduit directement par des coûts d'emprunt plus élevés pour les entreprises et les consommateurs et menace d'aggraver un ralentissement continu du marché immobilier canadien.
Les économistes jugent les hausses de taux « déconnectées » d'une croissance inférieure à 1 %
Un nombre croissant d'économistes soutiennent que les attentes du marché en matière de hausses de taux sont déconnectées de la réalité économique du Canada. Ils soulignent des fondamentaux qui ne soutiennent pas un resserrement monétaire, notamment un taux d'inflation d'avant-guerre de seulement 1,8 % en février et un marché du travail faible avec un chômage proche de 7 %. En outre, la croissance du PIB du premier trimestre devrait être inférieure à 1 % en rythme annualisé, ce qui est nettement inférieur à la propre projection de 1,8 % de la Banque du Canada. David Rosenberg de Rosenberg Research a qualifié la position du marché de « non-sens », arguant que l'augmentation des taux face à un choc de prix exogène « ferait exploser l'économie » inutilement.
Les perspectives de taux canadiens s'opposent à la tendance dovish de la Fed
Le positionnement hawkish sur les marchés des taux canadiens contraste fortement avec les perspectives de son homologue américain. Lundi, le gouverneur de la Réserve fédérale, Stephen Miran, a déclaré que sa prévision d'avant-guerre de quatre baisses de taux américains en 2026 restait inchangée, arguant que la banque centrale ne devrait pas surréagir à la volatilité à court terme. Bien que d'autres responsables de la Fed reconnaissent l'incertitude, la divergence met en évidence une scission dans la façon dont les marchés nord-américains interprètent l'impact économique du conflit. Cela met en lumière le prochain discours de la sous-gouverneure principale Carolyn Rogers, intitulé « Développements économiques, politique monétaire et abordabilité », qui est désormais un événement crucial pour clarifier la trajectoire politique réelle de la Banque du Canada.