Le plan de défense de Taïwan à 40 milliards de dollars est au point mort alors que la préparation civile monte en flèche
Le gouvernement taïwanais, sous la direction du président Lai Ching-te, mène une campagne de « résilience de défense de toute la société » pour préparer l'île à une éventuelle invasion chinoise. Cette initiative a entraîné une augmentation significative du survivalisme dirigé par les civils, les citoyens rejoignant des groupes de défense, apprenant les premiers secours et stockant des fournitures. Des groupes comme la Kuma Academy visent à « inculquer une mentalité d'avant-guerre », offrant des cours allant de la lutte contre la désinformation à la réponse d'urgence qui se remplissent en quelques heures.
Cependant, cet élan populaire est confronté à des vents contraires politiques. Un budget de défense spécial proposé de 40 milliards de dollars, destiné à contrer la Chine, est embourbé dans une impasse législative. L'opposition politique soutient qu'un tel renforcement de la défense pourrait provoquer Pékin. Cette division interne souligne le défi auquel le président Lai est confronté pour créer une posture de défense nationale unifiée, même si le soutien public à l'unification avec la Chine reste inférieur à 8 %.
Les services de renseignement américains minimisent le calendrier d'invasion pour 2027
Contrastant avec l'urgence sur le terrain à Taïwan, la communauté du renseignement américain a publié en mars une évaluation annuelle des menaces, déclarant que la Chine n'a pas actuellement l'intention d'envahir Taïwan en 2027. Le rapport note que Pékin préfère parvenir à l'unification sans utiliser la force militaire, reconnaissant les risques élevés d'un assaut amphibie. Cette évaluation calme les spéculations autour de la « fenêtre Davidson », une prédiction de 2021 par un haut amiral américain qui suggérait qu'une invasion chinoise pourrait se produire d'ici 2027.
Malgré l'assouplissement du calendrier, les actions des États-Unis signalent une préoccupation continue concernant la sécurité régionale. L'administration Trump a approuvé en décembre une vente d'armes record de 11 milliards de dollars à Taïwan, renforçant ses capacités militaires. Le rapport du renseignement lui-même reconnaît que l'Armée populaire de libération (APL) de la Chine continue de progresser régulièrement sur les capacités dont elle aurait besoin pour s'emparer de l'île et dissuader l'intervention américaine.
La Chine entraîne 2 000 navires de « milice maritime » en mer de Chine orientale
Les récentes actions chinoises offrent un contraste frappant avec l'évaluation du renseignement en matière de désescalade. Le jour de Noël et de nouveau en janvier, jusqu'à 2 000 bateaux de pêche chinois se sont massés dans des formations géométriques très inhabituelles en mer de Chine orientale. Les experts en sécurité maritime s'accordent largement sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'une activité de pêche commerciale, mais d'un exercice coordonné de grande envergure de la milice maritime chinoise.
Les analystes estiment que ces exercices ont été conçus pour tester la capacité à rassembler une vaste flotte civile pour une opération militaire potentielle, telle qu'un blocus ou une invasion de Taïwan. Ces navires agissent comme un « multiplicateur de force » dans la planification militaire chinoise, capables d'effectuer des actions de « zone grise » qui ne sont pas une guerre déclarée mais qui augmentent considérablement la pression. Ces exercices soulignent la menace militaire tangible qui alimente le mouvement de défense civile de Taïwan, indépendamment des calendriers officiels de Washington.