Le blocus d'Ormuz pousse le soufre à un pic de 937,50 $/tonne
Un blocus de fait du détroit d'Ormuz a fait grimper les prix du soufre à leur plus haut niveau depuis 18 ans, perturbant une chaîne d'approvisionnement industrielle critique. Les principales fournitures en provenance du golfe Persique étant coupées, les acheteurs paient des prix élevés, les cargaisons en vrac se négociant à 565 dollars la tonne. Dans le port de Dar es Salaam, en Tanzanie, les prix ont grimpé jusqu'à 937,50 dollars la tonne pour sécuriser les expéditions.
Cette perturbation découle du rôle du détroit en tant que point d'étranglement vital pour le commerce mondial. La région représente environ 45 % des exportations mondiales de soufre, et l'impossibilité de traverser ce passage a créé une pénurie d'approvisionnement immédiate et grave pour les industries dépendantes à travers le monde.
Les coûts des engrais augmentent de 25 % suite à l'arrêt des exportations du Golfe
Le secteur agricole est confronté à un choc de coûts immédiat alors que les chaînes d'approvisionnement en engrais s'arrêtent. La région du Golfe représente environ 43 % des exportations maritimes d'urée et 44 % des exportations maritimes de soufre, deux composants essentiels pour la production d'engrais. En conséquence directe de la coupure, les prix de l'urée égyptienne ont déjà augmenté de 25 %, atteignant 625 dollars la tonne métrique.
Les grandes économies agricoles sont particulièrement vulnérables. L'Inde, le plus grand importateur mondial d'engrais au phosphate diammonique (DAP), dépend fortement des fournisseurs de la région. De même, l'arrêt des expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar force les usines d'engrais en Inde, au Pakistan et au Bangladesh à cesser leur production en raison d'un manque de matières premières nécessaires, signalant des préoccupations plus larges en matière de sécurité alimentaire.
L'approvisionnement en cuivre fait face à une nouvelle menace due à la pénurie de produits chimiques de raffinage
La pénurie de soufre crée un nouvel obstacle significatif pour le marché mondial du cuivre, qui était déjà aux prises avec un déficit d'approvisionnement structurel. La production d'acide sulfurique, essentielle pour extraire le cuivre du minerai, dépend fortement du soufre. La perturbation de l'approvisionnement affecte directement les principaux pays producteurs de cuivre comme la République démocratique du Congo et le Chili, qui dépendent de ces importations pour leurs opérations minières.
Cette pression sur un produit chimique de raffinage crucial menace d'augmenter les coûts de production pour les mineurs, pouvant réduire les marges bénéficiaires et entraîner des réductions de production. Pour un marché déjà tendu par la demande croissante de l'électrification et des centres de données d'IA, une augmentation soutenue des coûts des intrants pourrait se traduire par des prix mondiaux du cuivre plus élevés et retarder des projets industriels et de transition énergétique critiques.