Les pertes d'emplois et le pétrole à 90 dollars ravivent les craintes de stagflation
Les craintes de stagflation – une croissance économique stagnante couplée à une inflation élevée – ont saisi Wall Street après un double choc sur les marchés du travail et de l'énergie. Le Bureau des statistiques du travail a signalé une perte décevante de 92 000 emplois en février, faisant grimper le taux de chômage à 4,4 %. Ce rapport a souligné un ralentissement significatif, l'économie n'ayant pas créé de nouveaux emplois nets depuis avril 2024.
Simultanément, les pressions inflationnistes se sont intensifiées alors que le Brent brut, la référence mondiale du pétrole, a dépassé les 90 dollars le baril pour la première fois depuis avril 2024. L'augmentation des prix était le résultat direct de l'intensification de l'activité militaire dans la région du Golfe, qui a interrompu le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, crucial, et a incité le Koweït à envisager des réductions de production en raison de la diminution des capacités de stockage.
Le S&P 500 chute de 1,9 % alors que la volatilité monte en flèche
Les doubles menaces économiques ont poussé les investisseurs à fuir les actifs risqués. L'indice S&P 500 a chuté de 1,9 % sur la semaine, se négociant près de son plus bas niveau depuis la mi-décembre. Le Dow Jones Industrial Average a chuté plus fortement, plongeant de 3,4 %, tandis que le Nasdaq Composite a rendu 0,9 %. Reflétant l'incertitude accrue, l'indice de volatilité Cboe (VIX), souvent appelé le « baromètre de la peur » du marché, a bondi de 14,69 % pour atteindre son plus haut niveau en près d'un an. Ce repli du marché place la Réserve fédérale dans une position précaire, car elle doit peser des risques concurrents.
Comme tout choc d'offre, cela peut vous mener dans une direction stagflationniste, avec le côté inflation du mandat qui s'aggrave juste au moment où le côté emploi s'aggrave, et c'est toujours le pire scénario pour une banque centrale.
— Austan Goolsbee, président de la Réserve fédérale de Chicago.
La Fed piégée alors que des prévisions divergentes assombrissent les perspectives
La saison des résultats étant largement terminée, le marché manque de moteurs fondamentaux clairs et fait face à un chemin difficile. La Réserve fédérale, qui se réunit dans deux semaines, est maintenant prise entre la lutte contre l'inflation croissante et la stimulation d'un marché du travail défaillant. Selon le stratège Ed Yardeni, un conflit prolongé pourrait entraîner un choc pétrolier stagflationniste qui paralyserait la Fed. L'incertitude est amplifiée par des perspectives économiques nettement différentes, la Maison Blanche maintenant une prévision de croissance du PIB de 4 %, tandis que le consensus de Wall Street se situe à un plus modeste 2,2 %. Cet environnement suggère qu'à moins qu'un catalyseur positif significatif n'apparaisse, comme l'événement AI à venir de Nvidia, le marché pourrait faire face à une pression continue.