La croissance du PIB américain révisée fortement à la baisse à 0,7%
L'optimisme initial pour une autre année solide sur les marchés actions est mis à l'épreuve par la détérioration des données économiques. L'estimation du PIB du quatrième trimestre par le Bureau d'analyse économique a été révisée drastiquement à la baisse, à un taux annualisé de seulement 0,7%, un ralentissement significatif par rapport au gain de 4,4% du troisième trimestre. Le ralentissement est aggravé par un marché du travail affaibli, qui a perdu 92 000 emplois en février, et des indicateurs d'inflation en accélération. Cette combinaison de croissance ralentie et de prix en hausse a compliqué la voie à suivre pour la Réserve fédérale, les traders réduisant leurs paris sur des baisses de taux cette année et même intégrant une potentielle hausse d'ici décembre.
Le pétrole grimpe de 45% à 103 dollars alors que le conflit iranien agite les marchés
Le conflit en cours avec l'Iran a provoqué un choc majeur sur les marchés de l'énergie, faisant grimper les prix du pétrole de plus de 45% au cours du mois dernier. Le brut Brent, la référence mondiale, a clôturé à 103,14 dollars le baril vendredi alors que le conflit perturbe les flux énergétiques critiques à travers le détroit d'Ormuz. Les prix élevés persistants de l'énergie alimentent les inquiétudes concernant l'inflation et font grimper les coûts d'emprunt, les rendements des bons du Trésor à 30 ans testant à nouveau le seuil de 5%. La flambée des rendements exerce une pression sur les valorisations boursières en rendant les obligations d'État une alternative plus attrayante et en augmentant le taux d'actualisation des bénéfices futurs des entreprises.
Le gain de 3% des actions énergétiques signale des doutes sur la pérennité des prix du pétrole
Malgré l'augmentation spectaculaire du prix du pétrole brut, la réaction du marché révèle un scepticisme sous-jacent. L'indice du secteur de l'énergie du S&P 500 n'a gagné qu'environ 3% depuis le début du conflit, sous-performant nettement le gain de plus de 40% du pétrole lui-même. Cette divergence indique que les investisseurs ne croient pas que des prix supérieurs à 100 dollars le baril soient durables à long terme. Les indices boursiers plus larges reflètent la prudence croissante, le S&P 500 ayant chuté de 0,61% vendredi pour se situer 5% en dessous de son récent sommet. Si certains analystes, comme ceux de Citigroup et Goldman Sachs, maintiennent des objectifs de fin d'année pour le S&P 500 à 7700 et 7600 respectivement, d'autres sont plus méfiants.
Le risque de récession est très faible, à moins que le pétrole ne monte à 120 dollars le baril et y reste.
— Mike Wilson, Morgan Stanley.
L'analyse de Wilson suggère que si l'économie repose sur des bases plus solides que l'année dernière, une crise énergétique prolongée reste le risque principal qui pourrait faire passer les actions d'un recul mineur à une correction plus significative.