La Corée du Sud fait appel à un vétéran de la BRI pour diriger la Banque de Corée à l'expiration du mandat le 20 avril
Le président sud-coréen Lee Jae Myung a nommé Shin Hyun-song, un haut fonctionnaire de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), au poste de prochain gouverneur de la Banque de Corée. Cette nomination, annoncée le 22 mars, positionne Shin pour succéder au gouverneur sortant Rhee Chang-yong, dont le mandat de quatre ans s'achève le 20 avril 2026. Shin est actuellement conseiller économique et chef du département monétaire et économique à la BRI, une institution souvent appelée la banque centrale des banques centrales.
Shin apporte à ce rôle une solide formation universitaire et politique, incluant un doctorat de l'Université d'Oxford et une chaire à l'Université de Princeton. Renommé pour ses recherches sur le risque systémique et pour avoir prétendument anticipé la crise financière mondiale de 2008, son choix est perçu comme une démarche stratégique visant à renforcer la surveillance macrofinancière de la Corée du Sud. Dans une déclaration, Shin a reconnu le « lourd sentiment de responsabilité » et s'est engagé à poursuivre une politique équilibrée tenant compte de l'inflation, de la croissance et de la stabilité financière.
Le nouveau gouverneur confronté au risque d'inflation alors que le pétrole atteint 110 $
Cette nomination intervient à un moment critique pour la quatrième économie d'Asie. En tant qu'importateur majeur d'énergie, la Corée du Sud est directement exposée aux chocs de prix mondiaux. Le récent conflit au Moyen-Orient a propulsé le pétrole brut Brent à 110 dollars le baril et perturbé les expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL), alimentant d'importantes pressions inflationnistes. Ces forces externes compliquent la trajectoire politique de la banque centrale, qui a maintenu son taux d'intérêt directeur à 2,5 % tout en signalant une période de stabilité.
Cet environnement mondial difficile exige du nouveau gouverneur qu'il navigue entre les doubles risques d'inflation et de ralentissement économique potentiel. Bien que l'économie sud-coréenne, axée sur l'exportation, bénéficie d'une forte demande de semi-conducteurs, ses secteurs industriels traditionnels restent atones. La nécessité de contrôler la hausse des prix, alimentée par des coûts énergétiques plus élevés et un won plus faible, pourrait obliger la banque centrale à privilégier le contrôle de l'inflation plutôt que la stimulation de la croissance, malgré les vents contraires domestiques.
Les analystes prévoient un virage restrictif sur la dette et la stabilité financière
Les analystes de marché anticipent que Shin orientera la politique de la Banque de Corée vers une position plus restrictive. Des économistes, dont Park Jeong-woo de Nomura, prévoient que la nouvelle direction renforcera le cadre macroprudentiel du pays et mettra davantage l'accent sur la gestion de la dette des ménages et la stabilité des changes. Cela marque un changement potentiel par rapport à l'objectif principal de l'administration précédente, qui était le compromis croissance-inflation.
La longue expérience de Shin à la BRI, une institution dédiée à la stabilité financière mondiale, étaye les attentes selon lesquelles il agira de manière décisive face aux risques systémiques. Son expertise correspond aux problèmes intérieurs pressants, notamment les niveaux élevés d'endettement des ménages et le débat croissant autour des monnaies numériques. Les investisseurs suivront de près l'audition de confirmation parlementaire de Shin pour obtenir des signaux plus clairs sur sa stratégie pour guider la Corée du Sud à travers une période d'incertitude économique mondiale accrue.