Les valeurs logicielles surperforment alors que le S&P 500 chute de 3,5%
L'instabilité géopolitique découlant du conflit iranien remodèle la stratégie des investisseurs, déclenchant une rotation vers les secteurs défensifs. Un rapport de Deutsche Bank Research publié le 17 mars a noté que certaines des valeurs logicielles les moins performantes de 2026 sont devenues des surperformantes depuis le début du conflit le 28 février. Ce changement souligne une fuite vers la qualité et la résilience dans un environnement volatile.
Cette tendance contraste fortement avec la performance du marché global. Depuis le début du conflit, le S&P 500 a enregistré une perte de 3,5%, tandis que les actions internationales ont fait pire, reculant de 8,3%. Les investisseurs semblent chercher refuge dans les entreprises technologiques dont les services sont jugés essentiels ou qui bénéficient des tensions géopolitiques accrues, signalant un pivot défensif clair.
Palantir bondit de 12% grâce à la demande de technologies militaires
Un excellent exemple de cette rotation est Palantir Technologies (PLTR), dont l'action a grimpé de 12% depuis l'éclatement du conflit. La plateforme d'intelligence artificielle (AIP) et le logiciel Gotham de la société sont essentiels aux opérations de renseignement militaire et de défense, ce qui en fait un bénéficiaire direct du risque géopolitique accru. Un analyste de Rosenblatt prévoit que l'action de Palantir pourrait bondir de 40% supplémentaires si le conflit persiste, soulignant le pari du marché sur une demande soutenue pour sa technologie.
D'autres valeurs technologiques liées à la défense gagnent également du terrain. La société de cybersécurité CrowdStrike (CRWD) est considérée comme essentielle pour la défense contre la guerre numérique, car sa plateforme Falcon, alimentée par l'IA, aide à dissuader les cyberattaques parrainées par l'État. La performance de ces entreprises illustre une thèse d'investissement claire : dans les conflits modernes, les données et la défense numérique sont aussi cruciales que les actifs physiques.
Les marchés aux prises avec un pétrole à 99 dollars et les craintes de récession
La rotation vers les logiciels est tirée par des pressions macroéconomiques croissantes. La perturbation du détroit d'Ormuz, une route pétrolière clé, due au conflit a fait grimper les prix du pétrole brut WTI de 67 dollars à près de 99 dollars le baril. Cette flambée alimente les inquiétudes concernant un choc pétrolier de style années 1970 qui pourrait ralentir la croissance économique mondiale et intensifier l'inflation.
Ces craintes se reflètent dans les indicateurs du marché. Selon les marchés de prédiction, la probabilité d'une récession américaine en 2026 est passée de 22% à 34% depuis le début du conflit. Cet environnement complique la trajectoire politique de la Réserve fédérale avant sa réunion du 18 mars, car elle doit peser l'impact inflationniste des prix élevés du pétrole contre les vents contraires économiques croissants.