L'euro chute à son plus bas niveau en dix ans, forçant la BNS à maintenir les taux à 0 %
Le 19 mars, la Banque Nationale Suisse (BNS) a maintenu son taux directeur à 0 %, marquant la troisième réunion consécutive sans changement. Cette décision est une réponse directe à une forte appréciation du franc suisse, alimentée par la fuite des investisseurs vers la sécurité après le début de la guerre en Iran le 28 février. Le franc s'est apprécié de plus de 11 % contre le dollar américain au cours de la dernière année, créant d'importants vents contraires économiques.
La pression est devenue aiguë lorsque l'euro est brièvement tombé sous 0,90 franc, un niveau jamais vu en une décennie. Un franc plus fort nuit au secteur vital des exportations de la Suisse en rendant ses biens plus chers à l'étranger et pèse sur la stabilité des prix intérieurs en rendant les importations moins chères. Cette dynamique complique le mandat de la BNS, l'inflation annuelle étant déjà faible à 0,1 %, se situant au bas de la fourchette cible de la banque de 0 % à 2 %.
La BNS prépare une intervention alors que l'USD devient le seul refuge sûr
Dans sa déclaration de politique, la banque centrale a explicitement renforcé sa rhétorique, préparant les marchés à une action directe pour plafonner les gains du franc. La banque a déclaré sa readiness à agir contre une appréciation rapide qui pourrait menacer la stabilité des prix.
Compte tenu du conflit au Moyen-Orient, la volonté de la BNS d’intervenir sur le marché des changes a augmenté.
— Banque Nationale Suisse
Cette position agressive intervient alors que le dollar américain consolide sa position de principal refuge du marché. Alors que le franc gagne contre l'euro, l'analyse du marché indique qu'il perd de son élan contre le dollar, qui bénéficie le plus d'une fuite générale vers la qualité. Selon les analystes de Bank of America, des signaux haussiers ont été « déclenchés contre tous les autres prétendus "valeurs refuges" », notant que « même le puissant CHF a perdu sa tendance haussière » contre le dollar. La readiness de la BNS à intervenir souligne sa concentration sur la valeur du franc contre l'euro, même si son statut de valeur refuge mondiale est contesté.