Les principaux fonds suspendent les rachats après des demandes de retrait de 11,6%
Le marché du crédit privé est confronté à une grave crise de liquidité, plusieurs de ses plus grands acteurs ayant été contraints de restreindre les rachats d'investisseurs. Ares Management a récemment limité les retraits de son fonds Strategic Income après que les demandes de rachat aient atteint 11,6% de ses actifs. Cela fait suite à une démarche similaire d'Apollo Global Management, qui a plafonné les retraits de son fonds Apollo Debt Solutions de 14,5 milliards de dollars à 5% après avoir fait face à des demandes pour 11,2% de ses actions, soit l'équivalent de plus de 1,5 milliard de dollars.
La tendance est systémique dans l'ensemble de l'industrie. Le 3 mars, le fonds de crédit privé phare de Blackstone, d'une valeur de 820 milliards de dollars, a fait face à des demandes de rachat pour 7,9% de ses actifs. Cela a été suivi par BlackRock qui a restreint les retraits de son fonds de prêts aux entreprises HPS de 26 milliards de dollars le 6 mars, et Morgan Stanley et Cliffwater qui ont imposé leurs propres limites le 11 mars. La pression s'est accumulée depuis au moins le 19 février, lorsque Blue Owl a limité les rachats, et a été ponctuée par une décote de 19% des actifs par BlackRock sur son TCP Capital Corp. le 26 janvier. Soulignant la crise croissante, un co-président d'Apollo a déclaré le 16 mars que certaines valorisations d'actifs sur les marchés privés sont "totalement erronées".
L'enquête de la SEC sur Egan-Jones aggrave la crise de confiance
Aggravant la crise de liquidité, la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC) a déclenché une crise de confiance plus profonde en lançant une enquête sur Egan-Jones. Le régulateur s'interroge publiquement sur la capacité de l'agence de notation à "produire constamment des notations de crédit intègres". Cette décision déplace l'attention du marché des restrictions de retrait vers la fiabilité fondamentale des évaluations des risques qui sous-tendent l'ensemble de l'écosystème du crédit privé.
Egan-Jones, bien que plus petite que ses principaux concurrents, joue un rôle crucial sur le marché du crédit privé, ses notations étant fortement utilisées par les compagnies d'assurance pour déterminer les exigences de capital. Ce n'est pas la première rencontre de la firme avec les régulateurs; en 2012, la SEC a sanctionné la société pour des fausses déclarations concernant ses qualifications pour la notation de titres adossés à des actifs. L'enquête actuelle suggère que les investisseurs, y compris les grandes institutions, pourraient se fier à des données erronées, sous-estimant potentiellement le risque réel de leurs portefeuilles d'une manière qui rappelle la crise financière de 2008.