Les prêts sous surveillance augmentent malgré un faible taux de non-cumul de 2,4 %
Une nouvelle analyse de la qualité des prêts de crédit privé révèle une déconnexion croissante entre les niveaux de défaut actuels et les indicateurs de risque prospectifs. Selon un rapport de Raymond James basé sur les données de décembre, les prêts qui ne paient pas d'intérêts, connus sous le nom de « non-cumuls », constituaient 2,4 % du portefeuille moyen des fonds publics. Bien que ce chiffre reste historiquement bas, une tendance inquiétante est apparue pour les prêts désignés comme étant sur une « liste de surveillance ». Ces prêts, bien qu'à jour dans leurs paiements, montrent des signes de stress financier. Le nombre de ces prêts augmente depuis fin 2024, indiquant que de futurs défauts pourraient se former sous la surface.
Les fonds se négocient en dessous de 80 % de la valeur comptable, les investisseurs intégrant le risque
Les investisseurs n'attendent pas que les défauts se matérialisent et intègrent activement le risque croissant. Les fonds de crédit privé cotés en bourse se négocient désormais, en moyenne, en dessous de 80 % de leur valeur comptable déclarée. La divergence de qualité est frappante. Les fonds de premier ordre comme Blackstone Secured Lending Fund (BXSL) et Ares Capital (ARCC) ont signalé de faibles taux de non-cumul de 0,6 % et moins de 2 % respectivement. En revanche, les fonds ayant des problèmes de portefeuille connus, tels que BlackRock TCP Capital (TCPC) et FS KKR Capital (FSK), ont vu leurs actions chuter à seulement 50 % de la valeur déclarée de leur portefeuille de prêts, leurs taux de non-cumul atteignant la fourchette haute de leurs moyennes historiques.
Les modifications de prêts masquent le véritable risque de défaut
Le scepticisme du marché est aggravé par la nature opaque de la comptabilité des prêts privés. Contrairement aux marchés publics, les prêteurs privés peuvent modifier les conditions de prêt pour éviter de classer un emprunteur en défaut. Ces modifications peuvent inclure la prolongation de l'échéance d'un prêt ou l'autorisation de paiements d'intérêts non monétaires qui sont simplement ajoutés au solde du capital. Bien que les entreprises affirment que cette flexibilité est une force, elle alimente les soupçons des investisseurs quant à la véritable qualité des actifs sous-jacents. L'analyste Robert Dodd de Raymond James souligne le danger persistant de ces actifs restructurés.
Il existe toujours un stock important d'actifs auparavant en difficulté, quelque peu récupérés, qui n'ont pas encore été cédés et pourraient représenter un risque futur de défaut/perte en capital.
— Robert Dodd, Raymond James.