La proposition de vente d'or de 13 milliards de dollars déclenche une chute de prix de 70 dollars
Un plan proposé par le gouverneur de la banque centrale de Pologne visant à liquider une partie des avoirs en or du pays a provoqué une forte liquidation sur les marchés des métaux précieux. La proposition, rapportée par Bloomberg, prévoit de lever jusqu'à 480 milliards de zlotys (environ 13 milliards de dollars) pour les dépenses de défense en vendant une partie des 550 tonnes de réserves d'or de la nation. Cette nouvelle a immédiatement fait chuter les prix de l'or au comptant d'environ 70 dollars, reflétant les inquiétudes du marché concernant un choc d'offre potentiel de la part d'un détenteur officiel majeur.
Ce financement est présenté comme une alternative nationale à un programme de financement de la défense de l'UE. Le plan du gouverneur de la Banque centrale, Adam Glapinski, impliquerait apparemment la vente de l'or pour réaliser un gain papier avant de le racheter, convertissant ainsi efficacement les actifs de réserve en fonds d'État. Cette manœuvre vise à contourner les interdictions légales tout en apportant une impulsion significative au budget de la défense de la Pologne.
Le plan pour contourner le fonds de 44 milliards d'euros de l'UE fait face à une impasse politique
La proposition est enracinée dans une profonde divergence politique entre le président et le Premier ministre de la Pologne. Le président Karol Nawrocki, qui soutient la vente d'or, tente de contourner le programme de prêt « European Security Action » (SAFE) de l'UE, dont la Pologne se voit attribuer une part de 44 milliards d'euros. La faction du président considère le plan de l'UE comme préjudiciable aux relations polono-américaines. Le Premier ministre Donald Tusk, cependant, a publiquement soutenu l'utilisation des prêts à faible taux d'intérêt de l'UE, créant un conflit direct sur la stratégie de financement du pays.
D'importants obstacles juridiques se dressent également. La loi polonaise actuelle interdit explicitement à la banque centrale de financer directement le budget du gouvernement. Bien que le gouverneur Glapinski ait reconnu les « défis juridiques », il a suggéré qu'une loi spéciale pourrait autoriser cette démarche. L'incertitude quant à savoir si le plan peut surmonter à la fois l'opposition politique et les contraintes juridiques rend sa mise en œuvre très discutable.
La Pologne était le premier acheteur d'or avant de proposer la vente
Cette démarche est particulièrement notable compte tenu de la position récente de la Pologne en tant qu'acheteur officiel d'or le plus agressif au monde. La Banque nationale de Pologne a activement augmenté ses réserves pour se prémunir contre l'instabilité géopolitique, avec un objectif déclaré de porter ses avoirs totaux à 700 tonnes. Cette frénésie d'achats a généré d'importants bénéfices papier, l'or acheté de fin 2023 à 2025 montrant un gain non réalisé d'environ 43 milliards d'euros.
Ce contexte rend la proposition financièrement logique, car elle monétiserait les gains récents. Cependant, un changement soudain, passant du plus grand acheteur à un potentiel vendeur majeur, introduit une volatilité et une incertitude significatives sur le marché de l'or. La viabilité du plan repose désormais entièrement sur la navigation dans le complexe paysage politique intérieur de la Pologne.