Le brut WTI chute de 2,1 % suite à une potentielle augmentation de l'approvisionnement iranien
Les prix du pétrole ont reculé vendredi après que le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que les États-Unis pourraient lever les sanctions sur le pétrole iranien actuellement en mer. Cette annonce a fait chuter les contrats à terme sur le brut West Texas Intermediate du mois précédent de 2,1 % à 94,16 $ le baril, tandis que les contrats à terme sur le brut Brent du mois précédent ont diminué de 1,5 % à 107,04 $ le baril. Cette mesure pourrait libérer environ 140 millions de barils de pétrole, constituant une injection significative dans un marché tendu par les conflits géopolitiques. Ce signal vise à soulager la pression haussière sur les prix qui a récemment vu le Brent atteindre près de 119 $ le baril.
Bessent a également confirmé que les États-Unis envisagent une nouvelle libération de leurs réserves stratégiques, s'appuyant sur un plan précédemment annoncé de réduction de 172 millions de barils. Ces actions sont une réponse directe à la hausse des coûts de l'énergie découlant du conflit au Moyen-Orient, qui a gravement perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales et poussé les prix de l'essence aux États-Unis vers une moyenne de 4 $ le gallon.
Les États-Unis déploient une stratégie plus large pour augmenter l'approvisionnement
Le potentiel d'une nouvelle offre iranienne fait partie d'une stratégie gouvernementale multifacette visant à contrer la flambée des prix de l'énergie. L'administration a également assoupli les sanctions contre la compagnie pétrolière d'État vénézuélienne, PDVSA, lui permettant de vendre du brut directement aux entreprises américaines et sur les marchés mondiaux. Ce changement de politique est conçu pour inciter à l'investissement dans le secteur énergétique sous-productif du Venezuela et augmenter les stocks mondiaux à long terme.
Dans une mesure plus immédiate, la Maison Blanche a ordonné une exemption de 60 jours de la loi Jones, une loi des années 1920 qui restreint le transport maritime entre les ports américains aux navires battant pavillon américain. En permettant aux navires étrangers de transporter du carburant, l'exemption vise à améliorer la logistique d'approvisionnement nationale, bien que les analystes estiment qu'elle ne pourrait réduire les prix de l'essence que de quelques cents par gallon.
Les analystes restent sceptiques alors que la perturbation d'Ormuz persiste
Malgré ces interventions gouvernementales, les analystes de marché expriment leur scepticisme quant à leur impact immédiat. Le problème central demeure la fermeture effective du détroit d'Ormuz, un point de passage crucial pour 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. Le conflit a réduit la production des pays du Golfe d'environ 10 millions de barils par jour. Comparées à ce déficit massif, les mesures annoncées sont jugées insuffisantes.
Les experts notent que la libération de 172 millions de barils de la SPR, étalée sur 120 jours, ne peut pas compenser entièrement la perturbation en cours. Patrick De Haan, analyste pétrolier chez GasBuddy, a qualifié cet effort de "comme essayer de remplacer une conduite d'eau principale par une paille". Tant que le transport ne pourra pas reprendre de manière sûre et constante par le détroit d'Ormuz, la pression à la hausse sur les prix du pétrole devrait persister, maintenant le Brent près de son niveau actuel de 108 $ le baril.