Le pétrole chute de plus de 35 dollars lors d'un renversement historique en 24 heures
Les marchés du pétrole brut ont connu un renversement historique après que les contrats à terme WTI aient d'abord grimpé d'environ 31% le 9 mars, approchant les 120 dollars le baril. Le pic initial a été alimenté par les craintes d'une extension du conflit américano-iranien et d'un arrêt du transport dans le détroit d'Ormuz. Cependant, en 24 heures, les prix ont complètement inversé leur cours. Après avoir clôturé la séance de lundi à 94,77 dollars le baril, les contrats à terme WTI ont chuté en après-bourse à environ 85 dollars le baril, effaçant un gain de plus de 35 dollars lors de l'une des séances les plus volatiles jamais enregistrées.
La forte liquidation a été déclenchée par trois signaux clés. Premièrement, le président américain Trump a déclaré que le conflit avec l'Iran était "très approfondi" et que les États-Unis renonceraient temporairement à certaines sanctions liées au pétrole. Deuxièmement, les dirigeants du G7 ont annoncé qu'ils étaient prêts à libérer des réserves stratégiques de pétrole (SPR) pour stabiliser le marché. Enfin, des rapports non confirmés ont suggéré que certains pétroliers avaient repris leur passage par le détroit d'Ormuz, apaisant les craintes d'une coupure totale de l'approvisionnement.
Les craintes d'inflation aux États-Unis forcent l'intervention politique
La pression politique croissante aux États-Unis semble être le principal moteur du virage soudain vers la désescalade. Avant le revirement, le brut WTI avait augmenté de 45% depuis le début du conflit, faisant grimper les prix de l'essence aux États-Unis de 15% et alimentant directement les préoccupations inflationnistes. Cette pression économique a nui aux cotes de popularité du président Trump sur l'économie et l'inflation, qui ont chuté à 40% et 36% respectivement, rendant un conflit prolongé politiquement intenable avant les élections de mi-mandat.
Le stratège en chef des investissements de Bank of America a noté que la pression politique obligerait probablement à une désescalade en mars. L'anxiété de la Maison Blanche face aux prix élevés du pétrole était également évidente dans sa désapprobation d'une frappe aérienne israélienne sur des installations pétrolières iraniennes, que les responsables américains ont qualifiée de "pas une bonne idée". Cette pression publique pour faire baisser la tension sur le pétrole a servi d'avertissement direct aux spéculateurs haussiers, l'administration gérant activement les attentes du marché pour ramener les prix à des niveaux non déstabilisants.
La crise d'approvisionnement physique persiste malgré le soulagement du marché
Alors que les marchés financiers ont intégré la fin de la crise, la chaîne d'approvisionnement physique en pétrole reste gravement altérée. L'analyse de Goldman Sachs révèle la dure réalité : le trafic à travers le détroit d'Ormuz a diminué de 90%, étouffant 18 millions de barils d'approvisionnement quotidien, soit environ 18% de la demande mondiale. La rupture logistique a mis les producteurs au pied du mur, car les réservoirs de stockage le long du golfe Persique se remplissent rapidement.
Cette "coupure" a entraîné des réductions de production dans toute la région. Le Koweït a déclaré un cas de force majeure, avec des réductions de production qui devraient approcher les 300 000 barils par jour à mesure que sa capacité de stockage s'épuise. Bien que l'Arabie saoudite ait tenté de réacheminer les exportations, ces efforts ne représentent que 900 000 barils par jour, une fraction du déficit total. Le marché est désormais pris entre la rhétorique politique et un cauchemar logistique, une déconnexion soulignée par les experts de l'industrie.
Nous avons beaucoup de pétrole dans le monde. Nous avons juste besoin de le faire circuler.
— Rob Thummel, gestionnaire de portefeuille chez Tortoise Capital.