Le Brent frôle les 92 $ alors que la perturbation d'Ormuz provoque la volatilité
Les prix mondiaux du pétrole connaissent de fortes fluctuations alors que la guerre en Iran perturbe un point de passage critique pour l'approvisionnement mondial en énergie. Le 11 mars, le Brent, référence internationale, a chuté de 17 % pour passer sous les 80 dollars le baril avant de rebondir pour atteindre près de 92 dollars. Cette volatilité a été alimentée par des informations contradictoires concernant la sécurité du détroit d'Ormuz, une voie navigable qui gère environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole mais dont le trafic a presque cessé. Malgré ces fluctuations, les prix restent environ 17 % plus élevés qu'avant le début du conflit le 28 février, reflétant une prime de risque géopolitique significative.
En réponse au choc de l'offre, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) envisagerait la plus grande libération de réserves stratégiques de pétrole jamais réalisée, totalisant 400 millions de barils, afin de stabiliser le marché. Cependant, cette nouvelle n'a guère apaisé les investisseurs boursiers. Aux États-Unis, l'indice Dow Jones Industrial Average a chuté de 400 points, les traders intégrant le risque de coûts énergétiques élevés et persistants et leur impact sur l'inflation, qui s'élevait à 2,4 % aux États-Unis en février.
L'économie indienne sous pression alors que les coûts d'importation augmentent
Pour les grands importateurs d'énergie comme l'Inde, des prix du pétrole constamment élevés constituent une menace directe pour la stabilité économique. L'indice de référence Sensex du pays a chuté de 1,8 % alors que les investisseurs réagissaient au potentiel d'une inflation importée plus élevée et de finances publiques sous tension. Les économistes avertissent que des coûts élevés du brut augmenteront directement la facture d'importation de l'Inde, ce qui pourrait creuser son déficit de la balance courante et exercer une pression à la baisse sur la roupie.
En outre, le gouvernement indien pourrait être confronté à des choix budgétaires difficiles. Pour protéger les consommateurs de la hausse des coûts du carburant, il pourrait devoir augmenter les subventions, ce qui ajouterait à la pression sur son budget. Selon le Fonds monétaire international, chaque augmentation de 10 % des prix du pétrole peut accroître l'inflation de 0,4 point de pourcentage et réduire la croissance économique de 0,15 %. Une période prolongée de pétrole cher pourrait donc compromettre la trajectoire de croissance de l'Inde et avoir un impact négatif sur le sentiment des investisseurs vis-à-vis de ses marchés financiers.