Le rendement à 10 ans atteint 4,46%, Ned Davis se tourne vers les liquidités
La société de recherche Ned Davis Research a déclassé son allocation d'actions le 27 mars 2026, conseillant un virage stratégique vers les liquidités. La firme a directement attribué cette décision à l'impact négatif de la hausse des rendements obligataires sur les valorisations boursières. Cette posture défensive reflète une détérioration de l'environnement macroéconomique où les marchés à revenu fixe signalent un risque accru pour les actions.
Cet avertissement intervient alors que le rendement du Trésor américain à 10 ans a grimpé à 4,46%, son point le plus haut depuis juillet. Ce pic de rendement est une conséquence directe de l'escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont poussé les investisseurs vers les actifs refuges et ont exacerbé les craintes inflationnistes.
Le pétrole dépasse 103 dollars, les institutions font écho à la prudence
La prudence de Ned Davis n'est pas un événement isolé mais fait partie d'un retrait institutionnel plus large du risque lié aux actions. Citigroup a également réduit son exposition globale aux actions à neutre, déclarant que ses « signaux de risque macro négatifs pour les actions » ont été déclenchés. De même, Goldman Sachs a déclassé les actions indiennes à « pondération de marché », citant l'impact des prix élevés du pétrole brut.
Ces changements stratégiques sont une réponse à l'envolée du pétrole brut Brent au-delà de 103 dollars le baril. La flambée des coûts de l'énergie crée des vents contraires directs pour les bénéfices des entreprises, comme l'a démontré Carnival Corporation qui a réduit ses prévisions de bénéfices pour 2026 en raison de la hausse des prix du carburant, provoquant une chute d'environ 4% de ses actions. Le Dow Jones Industrial Average a glissé de plus de 600 points alors que le conflit et les prix du pétrole maintenaient les investisseurs sur le qui-vive.
Les investisseurs privilégient les matières premières aux technologies et aux obligations
Avec la hausse des rendements entraînant une baisse simultanée des actions et des obligations, la diversification de portefeuille traditionnelle n'a pas réussi à amortir le choc. Les investisseurs privilégient désormais les actifs tangibles et les secteurs défensifs. Selon Chhad Aul, CIO chez SLGI Asset Management, le pétrole a été la couverture la plus efficace pendant le conflit.
Les gestionnaires de portefeuille sous-pondèrent de plus en plus les actions technologiques et de consommation discrétionnaire, tout en augmentant leur exposition aux matières premières, aux actions de ressources et aux secteurs défensifs comme les biens de consommation de base et les soins de santé. Cette stratégie « en haltère » vise à protéger contre l'inflation et la volatilité tout en évitant les secteurs les plus vulnérables aux ralentissements économiques et ceux, comme la technologie, confrontés à des questions sur la rentabilité des investissements en IA.