Le Nasdaq propose une pondération quintuplée pour les introductions en bourse à faible flottant
Le Nasdaq envisage un changement de règle significatif qui accorderait aux introductions en bourse (IPO) de méga-capitalisation avec un nombre limité d'actions publiques une entrée accélérée et magnifiée dans ses indices de référence, y compris le Nasdaq 100. La proposition cible spécifiquement les entreprises avec un flottant inférieur à 10 %. Selon la nouvelle règle, leur pondération au sein d'un indice serait calculée à cinq fois la valeur marchande de leurs actions librement négociables, plutôt que la valeur réelle. Par exemple, une entreprise ayant une valorisation totale de 1 000 milliards de dollars mais seulement 5 % de flottant (50 milliards de dollars d'actions négociables) serait pondérée dans l'indice comme si elle avait une capitalisation boursière de 250 milliards de dollars.
Selon le Nasdaq, cet ajustement est conçu pour éviter « l'exclusion binaire des entreprises économiquement significatives » qui sont actuellement inéligibles en raison d'un faible flottant. D'autres fournisseurs d'indices, comme FTSE Russell, envisagent également une entrée plus rapide pour les introductions en bourse, proposant une inclusion après seulement cinq jours de bourse, mais sans le multiplicateur de pondération controversé du Nasdaq. Le Nasdaq a déclaré qu'il n'implémenterait aucun changement avant le 23 mars 2026.
Le changement de règle vise la potentielle introduction en bourse de SpaceX de 1 750 milliards de dollars
La proposition répond directement à une demande clé de ce qui pourrait être la plus grande introduction en bourse de l'histoire. SpaceX d'Elon Musk ferait de l'inclusion précoce dans le Nasdaq 100 une condition pour sa cotation potentielle sur la bourse. Avec une valorisation ciblée d'environ 1 750 milliards de dollars, SpaceX se classerait comme la sixième plus grande entreprise américaine, faisant de sa cotation un prix majeur pour le Nasdaq ou le New York Stock Exchange. Ce changement de règle est une manœuvre stratégique claire de la part du Nasdaq, qui a généré 827 millions de dollars de revenus indiciels en 2025, pour sécuriser une cotation aussi prestigieuse.
Pour des entreprises comme SpaceX, OpenAI et Anthropic, une inclusion rapide dans l'indice offre un accès immédiat à un vaste bassin de capitaux provenant d'investisseurs institutionnels et de fonds indiciels, tels que l'ETF Invesco QQQ de 390 milliards de dollars. Cette liquidité accrue est particulièrement précieuse pour les premiers investisseurs et les initiés cherchant à vendre leurs participations après les périodes de blocage post-IPO, qui durent généralement de 90 à 180 jours.
Les critiques mettent en garde contre la demande artificielle et la distorsion du marché
Le facteur de pondération quintuplé proposé a suscité de vives critiques de la part des acteurs du marché qui mettent en garde contre une volatilité des prix artificielle et des dynamiques de marché inéquitables. La principale préoccupation est que la règle obligerait les fonds indiciels à acheter des actions bien au-delà du flottant public réel d'une entreprise, créant une demande artificielle qui gonfle le prix de l'action. Cette pression d'achat forcée pourrait entraîner une instabilité significative des prix une fois que l'engouement initial se sera estompé.
Ken Mertz, directeur des investissements chez Emerald Advisers, soutient que cette mesure introduit un risque inutile sur le marché.
vous créez une fausse demande qui va affecter le prix de l'action en raison du manque de liquidité. Une demande plus élevée créerait une plus grande volatilité et un préjudice potentiel à l'efficacité du marché. Et cela apporterait plus de spéculation sur le marché.
— Ken Mertz, directeur des investissements chez Emerald Advisers.
Cette demande fabriquée pourrait bénéficier à la société nouvellement cotée et à la bourse, mais représente un risque pour les investisseurs dans les fonds indiciels, qui seraient exposés à des actions à des valorisations artificiellement élevées. La proposition souligne la tension croissante entre les intérêts commerciaux d'une bourse et son rôle fondamental dans le maintien d'un marché juste et efficace.