Morgan Stanley prévoit une baisse des taux en juin malgré les doutes du marché
Morgan Stanley maintient sa position, prévoyant que la Réserve fédérale commencera à réduire ses taux d'intérêt en juin malgré le scepticisme croissant du marché. Le 16 mars, l'économiste en chef américain Michael Gapen a confirmé le scénario de base de la banque pour deux baisses de taux en 2026, l'une en juin et une seconde en septembre. L'analyse de la firme suggère que la Fed « ignorera les pressions sur les prix induites par le pétrole » pour assouplir sa politique. Cette opinion crée une divergence significative avec d'autres grandes institutions financières, JPMorgan ne prévoyant aucune baisse cette année et Goldman Sachs ayant reporté ses prévisions à plus tard dans l'année.
La distribution des résultats de la politique monétaire est asymétrique. La Fed est plus susceptible de réduire ses taux plus tard, ou de réduire plus tard et de manière plus significative, plutôt que d'abandonner complètement son assouplissement.
— Michael Gapen, Économiste en chef des États-Unis chez Morgan Stanley.
Le pétrole au-dessus de 100 dollars alimente les craintes d'inflation, poussant les rendements à 4,28%
Le marché parie activement contre une baisse de taux précoce alors que les tensions géopolitiques font grimper les coûts de l'énergie. Le conflit en Iran a poussé le Brent, la référence internationale, à la hausse de 2,7 % pour s'établir à 103,14 dollars le baril, tandis que le pétrole brut américain a augmenté de 3,1 % pour atteindre 98,71 dollars. Cette flambée des prix du pétrole alimente directement les craintes d'inflation et a un impact sur les prix des actifs. Le S&P 500 a chuté de 0,6 %, portant sa perte depuis le début de l'année à 3,1 %. Sur le marché obligataire, le rendement du Trésor à 10 ans a grimpé à 4,28 % alors que les traders ont écarté l'hypothèse d'un assouplissement imminent de la Fed. Selon l'outil FedWatch du CME, les marchés à terme n'impliquent désormais qu'une probabilité de 22 % d'une réduction des taux en juin.
L'inflation de base à 3,1% complique le chemin de la Fed
La décision de la Réserve fédérale est compliquée par les données économiques sous-jacentes qui montraient déjà des signes de tension avant le choc des prix du pétrole. L'indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) de base, l'indicateur d'inflation préféré de la Fed, a augmenté de 3,1 % par an en janvier, soit un point de pourcentage complet au-dessus de l'objectif de 2 % de la banque centrale. Cette inflation persistante est associée à des signes de ralentissement de l'économie, la croissance du PIB du quatrième trimestre 2025 ayant été révisée à la baisse à un faible rythme annuel de 0,7 %. Cette dynamique place la Fed dans une position difficile, contrainte de choisir entre la lutte contre l'inflation et la stimulation d'une économie chancelante, faisant de la prévision à contre-courant de Morgan Stanley pour une baisse en juin un pari particulièrement audacieux.