La MLB signe un accord pluriannuel d'au moins 150 millions de dollars
La Major League Baseball est officiellement entrée dans le secteur en plein essor des marchés de prédiction, en signant un accord de licence pluriannuel avec Polymarket le 18 mars. L'accord, rapporté pour une durée initiale de trois ans et évalué entre 150 millions et 300 millions de dollars, désigne Polymarket comme le partenaire exclusif de la ligue pour les marchés de prédiction. Cela confère à la plateforme les droits exclusifs d'utiliser les données officielles de la MLB, les logos des équipes et d'autres propriétés intellectuelles pour ses contrats basés sur des événements. Ce partenariat marque un virage stratégique important pour la MLB, qui, l'année dernière encore, avait émis des mémos avertissant les joueurs de ne pas utiliser ces mêmes plateformes.
Cette alliance fait suite à des accords similaires que Polymarket a conclus avec la NHL, la MLS et l'UFC, consolidant sa position d'acteur clé dans le paysage réglementé des paris sportifs. Cette démarche signale que les grandes ligues, après avoir initialement résisté, choisissent maintenant de s'associer à des plateformes réglementées par le fédéral pour contrôler le récit et établir une nouvelle source de revenus. Cependant, l'accord inclut une clause permettant de l'annuler si les tribunaux décident que les marchés de prédiction enfreignent les lois sur les jeux de hasard au niveau des États, reconnaissant ainsi l'incertitude juridique importante qui entoure l'industrie.
La Ligue s'aligne avec la CFTC dans une lutte d'influence réglementaire
Conjointement à l'accord avec Polymarket, la MLB a signé un protocole d'accord (MOU) historique avec la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l'agence fédérale supervisant les marchés de prédiction. Il s'agit du premier accord de ce type entre la CFTC et une ligue sportive professionnelle, et il établit un cadre formel de partage d'informations pour protéger l'intégrité du jeu. Les deux organisations prévoient de se réunir au moins une fois par mois pour discuter de l'activité du marché et des risques potentiels.
Cet alignement stratégique place fermement la MLB du côté des régulateurs fédéraux dans un conflit de juridiction croissant avec les États individuels. Plusieurs États, dont le Nevada et l'Arizona, ont contesté la légalité des marchés de prédiction, les considérant comme des paris sportifs non réglementés. L'Arizona a récemment déposé des accusations criminelles contre Kalshi, le concurrent de Polymarket, pour avoir exploité une "entreprise de jeu illégale". En s'associant à la CFTC, la MLB parie sur la prévalence de la surveillance fédérale et se positionne pour aider à façonner l'environnement réglementaire plutôt que d'être dictée par des lois fragmentées des États.
Un nouveau cadre d'intégrité vise à atténuer les risques de scandale
Un pilier central du partenariat est l'effort conjoint pour renforcer l'intégrité du jeu, une question critique pour la MLB suite aux récents scandales, y compris les accusations fédérales contre deux lanceurs des Cleveland Guardians pour manipulation présumée de la performance sur le terrain. L'accord avec Polymarket habilite explicitement la ligue à restreindre les contrats d'événements qui présentent un risque élevé de manipulation. Les marchés sur les lancers individuels, les décisions d'arbitres et les choix de managers seront interdits.
Cette supervision collaborative est conçue pour prévenir le type de paris sur micro-événements le plus susceptible à la corruption. Au lieu de lutter contre la montée des marchés de prédiction, la MLB les adopte comme un moyen d'obtenir un contrôle direct sur les types de paris offerts sur ses matchs. La ligue conserve également la possibilité de nouer des "relations d'intégrité" avec d'autres plateformes, s'assurant ainsi de pouvoir surveiller l'ensemble du paysage, mais le partenariat commercial exclusif confère à Polymarket un avantage significatif de premier arrivant.