Les prix de l'or chutent de 25 %, défiant le statut de valeur refuge
Les actions minières ont dégringolé le jeudi 26 mars, le secteur étant aux prises avec une réaction paradoxale du marché à la guerre en Iran. Les principaux producteurs Newmont et Freeport-McMoRan ont mené la baisse, les investisseurs ayant vendu leur exposition aux métaux précieux. Au lieu d'agir comme un actif refuge traditionnel, l'or a été massivement vendu, son prix au comptant chutant d'environ 25 % par rapport à son pic de fin janvier pour s'échanger à 4 250 dollars l'once. Cette baisse des prix de l'or érode directement les perspectives de revenus des sociétés minières.
Ce ralentissement marque un net retournement pour l'industrie. Les actions minières agissent généralement comme un pari à effet de levier sur les prix des matières premières, et le secteur a connu une période de croissance remarquable avant le conflit. Le VanEck Gold Miners ETF (GDX), un indice de référence clé du secteur, a augmenté de près de 200 % en 2025, mais a perdu 27 % de sa valeur depuis le début de l'année 2026, signalant un changement significatif dans la confiance des investisseurs.
Les coûts de l'énergie s'envolent avec une augmentation de 143 % du GNL asiatique
La pression sur les revenus des mineurs est aggravée par une augmentation spectaculaire des coûts opérationnels, due à un choc d'approvisionnement énergétique. Le conflit a gravement perturbé les marchés de l'énergie, entraînant une hausse de 143 % des prix du gaz naturel liquéfié (GNL) asiatique et une augmentation de 85 % des prix de référence du gaz européen depuis le 28 février. Ces coûts énergétiques flambent sont une menace directe pour la rentabilité et les marges des opérations minières, qui dépendent fortement de carburants comme le diesel.
L'impact financier est considérable. Selon un cadre de la société minière australienne Fortescue, chaque augmentation de 10 cents du prix du diesel a un impact de 70 millions de dollars sur les coûts de l'entreprise. Extrapolé aux quatre plus grands géants miniers, le même changement de 10 cents pourrait affecter leur structure de coûts collective jusqu'à 500 millions de dollars. Cette double pression de la baisse des revenus et de la hausse des coûts a créé une compression des marges punitive que les investisseurs intègrent désormais.
Les mineurs sont fortement exposés aux chocs économiques, ce qui explique pourquoi les investisseurs se retirent de ce secteur. À moins que le sentiment de risque ne s'améliore et que la confiance dans la croissance mondiale ne soit restaurée, il est peu probable que les mineurs reprennent leur chemin haussier.
— Michael Field, Stratège en chef des actions chez Morningstar.