Les mineurs augmentent leurs dépenses d'investissement de plus de 50 % dans un pivot unanime vers le cuivre
Un consensus clair s'est dégagé dans l'industrie autour du cuivre, les géants miniers mondiaux, dont BHP, Rio Tinto et Glencore, faisant de ce métal leur principale priorité stratégique, selon un récent rapport de Bank of America Securities. Après la saison des résultats de 2025, les analystes ont observé que les dépenses d'investissement de ces grandes entreprises ont bondi, retrouvant plus de 50 % de leurs niveaux de pointe précédents. Ce boom des dépenses souligne un mandat renouvelé de croissance, alors que BofA prévoit que les prix du cuivre grimperont à 15 000 dollars la tonne.
Pour BHP, ce pivot a déjà remodelé son activité, la contribution du cuivre aux bénéfices dépassant désormais celle du minerai de fer, en faisant le principal moteur de profit de l'entreprise. Rio Tinto suit une voie similaire, la croissance de ses activités cuivre et aluminium compensant désormais entièrement les baisses du minerai de fer. Glencore poursuit également une croissance agressive grâce à une combinaison d'extensions de sites existants et de nouveaux projets, recherchant activement des partenaires pour son grand projet greenfield El Pachon en Argentine.
BHP prend 30 % de participation dans Faraday pour construire un hub cuivre américain
Ce changement stratégique se manifeste par des actions concrètes des entreprises, soulignées par l'accord de BHP avec Faraday Copper. En vertu de l'accord proposé, Faraday acquerra le projet San Manuel en Arizona auprès de BHP. En retour, BHP recevra une participation de 30 % dans Faraday, alignant le géant minier avec une jeune entreprise prometteuse pour développer un actif cuprifère américain clé. La transaction devrait être finalisée d'ici le troisième trimestre 2026.
L'accord vise à créer un "district cuprifère multigénérationnel" en combinant le projet Copper Creek de Faraday avec le site adjacent de San Manuel. Cette consolidation optimiserait l'infrastructure et réduirait l'empreinte environnementale par rapport à des développements distincts. Dans le cadre de l'accord, BHP s'est également engagé à souscrire à 30 % de tout financement par actions de Faraday sur une période de 24 mois, jusqu'à un maximum de 20 millions de dollars US, signalant une forte confiance dans l'avenir du projet.
Une crise de l'offre se profile alors que la demande devrait augmenter de 22 %
Le pivot de l'industrie est étayé par des prévisions d'offre et de demande nettes. La demande mondiale de cuivre devrait augmenter de 22 % d'ici 2035, passant de 27 millions de tonnes à environ 33 millions de tonnes. Dans le même temps, l'Agence internationale de l'énergie rapporte que l'offre mondiale de cuivre extrait pourrait atteindre son sommet vers la fin de cette décennie avant de diminuer considérablement. Cet écart croissant entre la demande future et la capacité de production est à l'origine de l'urgence stratégique chez les producteurs.
Le marché anticipe déjà cette rareté. Les contrats à terme sur le cuivre ont atteint 12 000 dollars US la tonne en décembre 2025 après d'importantes réductions de production et sont actuellement près de 27 % plus élevés qu'il y a un an. Le problème de l'offre est particulièrement aigu pour les États-Unis, qui ont besoin d'environ 2,5 millions de tonnes de cuivre par an mais n'ont une capacité de production et de recyclage domestique que d'environ 1,7 million de tonnes. Ce déficit rend les projets nationaux comme San Manuel essentiels pour sécuriser la chaîne d'approvisionnement du pays.