L'aluminium du LME bondit de 1,7% sur les craintes de perturbation de l'approvisionnement
L'accroissement des risques géopolitiques au Moyen-Orient a déclenché une forte réaction sur les marchés des métaux industriels, l'aluminium au London Metal Exchange (LME) ayant augmenté de 1,7% lundi pour atteindre son prix le plus élevé depuis janvier. Cette hausse de prix reflète l'inquiétude des investisseurs quant à une escalade du conflit qui pourrait perturber le transport maritime via le détroit d'Ormuz, une artère vitale pour les importations de matières premières et les exportations de métaux finis. La tension du marché a été davantage mise en évidence par la courbe des contrats à terme sur l'aluminium, où les contrats au comptant se négociaient avec une prime par rapport aux contrats à terme, indiquant une forte demande immédiate.
Rio Tinto interrompt les négociations d'approvisionnement avec le Japon face à l'incertitude
En conséquence directe de cette instabilité, le conglomérat minier Rio Tinto a suspendu ses négociations d'approvisionnement en aluminium pour le deuxième trimestre avec les clients japonais. Avant d'interrompre les pourparlers, Rio Tinto aurait proposé de fournir le métal avec une prime de 250 dollars par tonne au-dessus du prix de référence du LME, un niveau jamais atteint depuis au moins 2015. Le retrait de cette offre record souligne la profonde incertitude à laquelle sont désormais confrontés les principaux producteurs et consommateurs alors qu'ils s'efforcent d'évaluer la sécurité de la chaîne d'approvisionnement.
Les 9% de la capacité de fusion du Moyen-Orient menacés
Le Moyen-Orient représente environ 9% de la capacité mondiale de fusion de l'aluminium, faisant de toute perturbation régionale un événement mondial significatif. Les principaux producteurs comprennent Emirates Global Aluminium (EGA) et Aluminium Bahrain, qui exploite l'une des plus grandes fonderies sur site unique au monde. Le risque n'est pas théorique ; un incendie de port a été confirmé à Jebel Ali à Dubaï, à quelques kilomètres d'une installation d'EGA. L'Iran lui-même a une capacité annuelle de 790 000 tonnes, dont 50 000 à 80 000 tonnes ont déjà été mises hors service par précaution. Les analystes notent que si les fonderies détiennent généralement une à deux semaines d'inventaire d'alumine, toute fermeture prolongée du détroit d'Ormuz aurait un impact grave sur la production.