Le PMI de mars offrira un premier aperçu du coût économique de la guerre
Les marchés mondiaux se préparent à la publication cette semaine des enquêtes provisoires de l'indice des directeurs d'achat (PMI) pour les États-Unis et l'Europe, les premiers rapports économiques majeurs à refléter l'impact de la guerre en cours au Moyen-Orient. La saison des résultats étant largement achevée, ces chiffres, dont la publication est prévue le mardi 24 mars, fourniront une première lecture cruciale de la manière dont le conflit a affecté l'activité commerciale, le sentiment et les chaînes d'approvisionnement. Les données devraient fortement influencer les perspectives des investisseurs sur les marchés des actions, des obligations et des changes, les traders cherchant à quantifier les retombées économiques du choc géopolitique.
La BCE réduit ses prévisions de croissance de la zone euro pour 2026 à 0,9 %
Soulignant l'aggravation des vents contraires économiques, la Banque centrale européenne (BCE) a déjà abaissé ses prévisions de performance économique de la zone euro. Dans ses projections macroéconomiques de mars 2026, la BCE a réduit ses prévisions de croissance annuelle du PIB réel pour 2026 à seulement 0,9 %, soit une révision à la baisse de 0,3 point de pourcentage par rapport à ses projections de décembre 2025. La banque attribue le ralentissement aux chocs des prix de l'énergie et à une flambée de l'incertitude qui devrait freiner les dépenses de consommation et l'investissement. Parallèlement, la BCE a relevé ses prévisions d'inflation pour 2026 de 0,7 point de pourcentage à 2,6 %, en se basant sur l'hypothèse que les prix du pétrole atteindront un sommet d'environ 90 dollars par baril au deuxième trimestre. L'analyse de la banque centrale inclut des scénarios plus pessimistes, avec une perturbation grave pouvant pousser le pétrole à 145 dollars par baril.
Le secteur chimique dans le chaos alors que les coûts des intrants forcent des hausses de 600 €/tonne
Les préoccupations macroéconomiques sont reflétées par une détresse aiguë dans les secteurs industriels. Les marchés européens du polyéthylène et du polypropylène sont tombés dans ce que les participants appellent un état « chaotique », directement causé par l'envolée des coûts du brut, du naphta et du gaz. La flambée des intrants est devenue si grave que certains producteurs ont invoqué des clauses de hardship pour résilier des contrats existants. Face à la spirale des coûts, les fournisseurs exigent désormais des augmentations de prix comprises entre 400 € et 600 € par tonne pour couvrir leurs dépenses. Cette perturbation en temps réel met en évidence la pression immédiate sur les chaînes d'approvisionnement et signale un potentiel d'inflation généralisée et de destruction de la demande si les coûts plus élevés sont répercutés sur les consommateurs.