Le régulateur italien lance deux enquêtes sur les marques LVMH
Le 27 mars 2026, l'autorité italienne de la concurrence (AGCM) a annoncé avoir ouvert deux enquêtes distinctes sur les détaillants de produits de beauté Sephora et Benefit Cosmetics, appartenant à LVMH. Les enquêtes ciblent des pratiques commerciales déloyales présumées liées à la commercialisation de cosmétiques pour adultes auprès d'enfants et d'adolescents. Les régulateurs craignent que les marques n'aient encouragé l'utilisation prématurée de produits tels que les crèmes et sérums anti-âge, un phénomène surnommé « cosmeticorexie », en utilisant de très jeunes micro-influenceurs sur les réseaux sociaux. L'AGCM a déclaré que des informations cruciales, telles que les avertissements sanitaires pour les produits non testés sur les mineurs, pourraient avoir été omises ou présentées de manière trompeuse. Dans une étape significative, des responsables de l'AGCM et la police financière italienne ont mené des inspections dans les locaux de Sephora Italia, LVMH Profumi e Cosmetici Italia et LVMH Italia le jeudi précédant l'annonce publique.
L'enquête signale une répression européenne élargie du marketing jeunesse
L'enquête sur les marques de LVMH n'est pas un événement isolé mais fait partie d'une initiative réglementaire européenne plus large visant à protéger les mineurs des produits et du marketing numérique potentiellement nocifs. Cette tendance est renforcée par le Digital Services Act (DSA) de l'Union européenne, un ensemble de règles complet conçu pour renforcer la sécurité des utilisateurs en ligne. Le DSA habilite les régulateurs à infliger des amendes substantielles pouvant atteindre 6% du chiffre d'affaires annuel mondial d'une entreprise en cas de non-conformité. Des enquêtes similaires sur la sécurité des enfants sont déjà en cours contre des plateformes de médias sociaux comme Snapchat et TikTok. Pour LVMH, cette enquête en Italie pourrait créer un précédent dommageable, pouvant entraîner des amendes, des changements obligatoires de stratégie marketing et des actions réglementaires similaires sur d'autres marchés européens clés, créant ainsi un vent contraire significatif pour sa division Parfums & Cosmétiques.