KPMG fait face à des accusations réglementaires pour manquement à l'audit
Le principal organisme de réglementation des valeurs mobilières du Canada a accusé KPMG LLP de faute professionnelle en matière d'audit, alléguant que le cabinet n'a pas évalué correctement les prêts détenus par quatre fonds gérés par le gestionnaire de crédit privé en faillite Bridging Finance Inc. pour les exercices 2019 et 2020. La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario (OSC) affirme que les investisseurs ont été lésés en payant des prix gonflés pour des parts de fonds basés sur des audits défectueux.
L'OSC demande des sanctions administratives et d'autres recours, accusant KPMG d'avoir fait des déclarations fausses et trompeuses sur la qualité de ses audits. « La conduite de KPMG démontre un manquement à remettre en question et à valider de manière cohérente les éléments probants obtenus », a déclaré le régulateur dans son exposé des faits.
Les accusations détaillent un défaut de KPMG à scruter la valorisation des prêts de Bridging Finance, qui étaient les principaux actifs des quatre fonds. L'OSC allègue que KPMG n'a pas recueilli d'éléments probants suffisants et appropriés et n'a pas fait preuve du scepticisme professionnel requis, en particulier sur les actifs illiquides difficiles à valoriser. Bridging Finance, qui gérait environ 2 milliards de dollars canadiens (1,5 milliard $), a été placée sous séquestre en 2021.
Ces allégations contre l'un des « Big Four » des cabinets comptables pourraient entraîner des sanctions financières substantielles et une atteinte importante à la réputation de KPMG. L'affaire devrait également intensifier la surveillance réglementaire dans l'ensemble du secteur de l'audit, en particulier en ce qui concerne la vérification des actifs difficiles à évaluer sur le marché en pleine expansion du crédit privé. L'issue pourrait influencer les pratiques d'audit et les normes de valorisation des investissements illiquides à l'échelle du secteur.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.