La croissance des salaires atteint un sommet de 35 ans à 5,26%
La plus grande fédération syndicale du Japon, Rengo, a annoncé le 23 mars que les premiers résultats des négociations salariales annuelles du "shunto" montrent une augmentation moyenne des salaires de 5,26%. Cela marque le plus haut niveau de croissance salariale depuis 1991 et fournit une preuve solide d'un changement dans l'état d'esprit déflationniste du pays. L'augmentation moyenne mensuelle des salaires se traduit par 17 687 yens.
Les grandes entreprises, y compris Toyota, Honda et Hitachi, ont pleinement accepté les demandes syndicales, signalant une forte volonté des entreprises d'investir dans le capital humain. Cet élan s'étend également aux petites entreprises, où les syndicats de moins de 300 membres ont obtenu une augmentation moyenne de 5,05%. Cette croissance généralisée est un élément essentiel pour l'objectif de la Banque du Japon d'atteindre un cycle durable de hausse des salaires et d'inflation stable.
Les chances de hausse des taux grimpent à 60% alors que la voie de la BoJ se clarifie
Les données solides sur les salaires fournissent une justification claire pour que la Banque du Japon (BoJ) resserre davantage sa politique monétaire. La banque centrale, qui a maintenu son taux directeur à 0,75% lors de sa dernière réunion, cherchait une confirmation d'une croissance salariale durable avant de procéder à une normalisation plus poussée. Ce dernier chiffre fournit exactement cette confirmation.
En réponse, les marchés financiers ont intensifié les paris sur une augmentation imminente des taux. Les swaps d'indices overnight indiquent désormais une probabilité de 60% que la BoJ augmente ses taux dès sa réunion d'avril. Certains économistes, comme Harumi Taguchi chez S&P Global Market Intelligence, prévoient que la banque centrale pourrait porter son taux de référence à 1,0% d'ici juillet.
Le conflit au Moyen-Orient menace l'approvisionnement en naphta et les exportations
Malgré les données nationales positives, l'escalade du conflit au Moyen-Orient pose un risque externe significatif pour l'économie japonaise. La situation crée un double défi pour la BoJ : la hausse des prix de l'énergie pourrait alimenter une inflation par les coûts qui érode le pouvoir d'achat des consommateurs tout en comprimant les marges bénéficiaires des entreprises, sapant potentiellement les gains salariaux futurs.
Le secteur industriel japonais est particulièrement vulnérable. Le pays s'approvisionne en environ 70% de son naphta, un matériau clé pour la fabrication de plastiques, au Moyen-Orient et ne détient actuellement que 20 jours d'inventaire. De plus, la région représente 15% des exportations totales d'automobiles du Japon, qui font désormais face à d'importants défis de livraison. Ces perturbations menacent de contrecarrer les avantages des salaires nationaux plus élevés et de compliquer les décisions politiques de la banque centrale.