Le Japon exige que les nouveaux tarifs douaniers n'aggravent pas l'accord de 550 milliards de dollars
Le gouvernement japonais a officiellement averti les États-Unis que ses conditions commerciales ne devaient pas se détériorer sous une nouvelle vague de tarifs douaniers américains. Le 24 février, le ministre japonais de l'Économie, Ryosei Akazawa, a eu un entretien téléphonique de 40 minutes avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, afin de protéger un accord commercial soutenu par un engagement d'investissement japonais de 550 milliards de dollars. Le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie a déclaré qu'Akazawa avait clairement indiqué qu'avec l'introduction de nouveaux tarifs douaniers américains, les conditions commerciales du Japon ne devaient pas être pires que le seuil établi par l'accord de l'année dernière.
Cette intervention diplomatique survient alors que la Maison Blanche a annoncé un nouveau tarif de 10 % sur les marchandises de tous les pays, le président menaçant plus tard d'augmenter le taux à 15 %. Cela injecte une incertitude significative dans la relation commerciale américano-japonaise, Tokyo craignant que ces nouveaux droits de douane généralisés ne s'ajoutent aux taux existants, créant une charge supplémentaire sur les exportations japonaises qui étaient couvertes par l'accord précédent.
La réduction du tarif automobile à 15 % reste une priorité japonaise essentielle
Le pilier central de l'accord commercial américano-japonais de l'année dernière était la réduction des tarifs douaniers américains sur les importations automobiles japonaises de 27,5 % à 15 %. Cette concession a été obtenue en échange de la création par le Japon du fonds de 550 milliards de dollars « US/Japan Investment Instrument » pour financer des projets aux États-Unis. Étant donné que le secteur automobile est le pilier de l'économie d'exportation japonaise, toute annulation de cette réduction tarifaire constituerait un coup économique majeur.
Cet environnement à enjeux élevés explique pourquoi les responsables japonais s'opposent fermement à toute tentative de renégociation de l'accord dans son ensemble. Itsunori Onodera, un haut fonctionnaire du parti et ancien ministre de la Défense, a déclaré que le risque était trop grand. Il a fait valoir que la réouverture des discussions pourrait compromettre les conditions tarifaires automobiles favorables, qui sont vitales pour l'emploi et l'investissement japonais.
Si nous essayons de renégocier et que cela a un impact sur les tarifs automobiles, ce serait une affaire perdante.
— Itsunori Onodera, président de la commission de recherche sur le système fiscal du Parti libéral-démocrate
Les États-Unis encouragent l'investissement alors que la coopération bilatérale se poursuit
Malgré les frictions concernant les tarifs douaniers, les deux nations ont confirmé leur engagement à faire progresser les projets dans le cadre du mécanisme d'investissement de 550 milliards de dollars. La Maison Blanche a récemment annoncé les premiers projets à lancer, qui comprennent des infrastructures de données, un terminal pétrolier en haute mer et une usine de fabrication de diamants synthétiques pour semi-conducteurs, tous situés aux États-Unis. Akazawa et Lutnick ont tous deux convenu lors de leur appel d'accélérer la mise en œuvre des projets dans le cadre du plan, signalant que la partie investissement de l'accord reste une priorité partagée même si la composante commerciale fait face à de nouveaux vents contraires.