Le gouvernement vise 20% de part nucléaire d'ici l'exercice 2041
Sous la direction de la Première ministre Sanae Takaichi, le gouvernement japonais relance officiellement son industrie de l'énergie nucléaire, la positionnant comme un élément central de sa stratégie énergétique à long terme. Selon un rapport de Morgan Stanley daté du 29 mars 2026, la nouvelle politique vise à augmenter la part de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité d'environ 9% au cours de l'exercice 2024 à environ 20% d'ici l'exercice 2041. Pour atteindre cet objectif, le Japon accélérera le redémarrage de ses réacteurs existants et commencera à développer et construire des installations de nouvelle génération.
Fin 2025, seuls 14 des 33 réacteurs nucléaires opérationnels du Japon étaient en ligne. Ce virage stratégique est conçu pour aider le Japon à atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 73% par rapport aux niveaux de 2014 d'ici l'exercice 2041. L'atteinte de l'objectif de 20% de production nucléaire pourrait nécessiter l'ajout de 12 gigawatts de nouvelle capacité, soit l'équivalent de la construction d'environ 12 nouveaux réacteurs, en fonction de la durée de vie opérationnelle des centrales existantes. Cela crée un flux d'affaires direct pour les compagnies d'électricité, qui peuvent réduire leur dépendance aux combustibles fossiles coûteux, et pour les grands entrepreneurs en construction qui géreront les vastes travaux d'ingénierie.
La première réduction solaire de Tokyo en mars 2026 signale une tension sur le réseau
Le retour à l'énergie nucléaire est renforcé par les défis croissants du réseau électrique japonais. Le 1er mars 2026, l'opérateur du réseau de Tokyo, Tepco, a ordonné la toute première réduction économique de l'énergie solaire dans la région, coupant la production jusqu'à 1,84 million de kW. L'incident a démontré que même sur le plus grand marché de l'électricité du Japon, le déploiement rapide des énergies renouvelables dépasse la capacité du réseau à les absorber, créant de l'instabilité. Les analystes notent que c'est désormais un problème structurel national, et non régional.
Cette tension sur le réseau, combinée à une demande énergétique croissante des industries émergentes comme les centres de données d'IA et les usines de semi-conducteurs de nouvelle génération, renforce l'argument en faveur d'une source d'énergie stable et à haut rendement. Contrairement à l'énergie solaire et éolienne intermittente, l'énergie nucléaire fournit une électricité de base constante, essentielle pour la stabilité du réseau et pour alimenter les installations énergivores 24h/24 et 7j/7. Le fait que les unités nucléaires aient une priorité de dispatching sur les énergies renouvelables consolide encore leur rôle dans le futur mix énergétique du pays.
Le Japon suit une tendance asiatique plus large vers l'énergie nucléaire
L'engagement renouvelé du Japon envers l'énergie atomique fait partie d'une tendance régionale plus large. Les gouvernements à travers l'Asie se tournent vers l'énergie nucléaire pour assurer la sécurité énergétique et soutenir la croissance économique. À Taïwan, la législature a récemment adopté un amendement permettant aux centrales nucléaires de prolonger leurs licences d'exploitation de 40 à 60 ans, citant spécifiquement la demande croissante d'électricité du secteur de l'IA.
De même, plusieurs nations d'Asie du Sud-Est, notamment le Vietnam, l'Indonésie et les Philippines, avancent leurs plans de construction de leurs premières centrales nucléaires. Cet élan régional est motivé par un besoin commun de réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés volatils et de fournir l'approvisionnement en énergie massif et fiable requis pour les infrastructures numériques. La poussée mondiale pour tripler la capacité d'énergie nucléaire d'ici 2050 souligne que la stratégie du Japon s'aligne sur un changement international majeur dans la politique énergétique.