La réforme fiscale de l'exercice 2026 porte le plafond de propriété étrangère à 50 %
Le Japon déploie sa refonte la plus significative des règles fiscales d'investissement entrant depuis 2009, ciblant directement les capitaux étrangers. La réforme fiscale de l'exercice 2026 augmentera le seuil de propriété pour les partenaires commanditaires étrangers afin d'éviter le statut d'établissement stable, le faisant passer de moins de 25 % à près de 50 %. Ce changement étend considérablement la portée des co-investissements et des positions concentrées, éliminant un point de friction de longue date pour les fonds internationaux. La réforme élargit également le champ des activités qu'un partenaire étranger peut entreprendre sans déclencher de risque fiscal, alignant davantage le régime des fonds japonais sur les normes mondiales.
Cette refonte fiscale complète une campagne pluriannuelle de gouvernance d'entreprise initiée par la Bourse de Tokyo en 2021. Les réformes incitent les conglomérats à céder les actifs non essentiels et à améliorer l'efficacité du capital. En conséquence, les entreprises adoptent de plus en plus des politiques favorables aux actionnaires, telles que les dividendes et les rachats d'actions, ce qui a commencé à attirer les investisseurs activistes sur le marché. L'indice Topix général se négociant toujours en dessous de sa valeur comptable, les analystes voient un potentiel significatif d'augmentation des retours sur investissement à mesure que ces réformes prennent effet.
L'indice Topix chute de 9 %, créant un point d'entrée potentiel
L'instabilité géopolitique récente découlant du conflit au Moyen-Orient a entraîné un sentiment d'aversion au risque sur les marchés mondiaux, frappant les actions japonaises. L'indice Topix a chuté de 9 % depuis le 2 février, alors que les préoccupations concernant les perturbations de l'approvisionnement en pétrole pèsent sur le pays, qui importe 95 % de son pétrole de la région. Cette liquidation a été décrite par certains gérants comme disproportionnée par rapport aux fondamentaux sous-jacents du Japon, présentant un point d'entrée potentiel pour les investisseurs à long terme.
Malgré le recul, les valorisations ne sont pas encore à des niveaux de détresse. L'indice MSCI Japon, en baisse d'environ 10 % depuis le début du conflit, se négocie toujours à un ratio cours/bénéfice de 17x, au-dessus des précédents creux du marché de 12x. Cela suggère que les investisseurs parient sur le contexte macroéconomique favorable du pays, qui comprend une croissance soutenue des salaires et une amélioration de la demande intérieure, pour traverser les chocs externes.
Le secteur automobile s'effondre avec une baisse de 11,6 % des ventes de Toyota
Bien que le récit des réformes à long terme soit positif, certains secteurs sont confrontés à des vents contraires considérables. Le marché automobile japonais a ralenti en début d'année, avec des ventes totales en baisse de 7,1 % d'une année sur l'autre jusqu'en février. Le leader de l'industrie, Toyota, a été particulièrement touché, avec des ventes en baisse de 11,6 % au cours de la même période. Ce ralentissement intérieur présente un défi tangible qui contraste avec les perspectives plus optimistes pour les politiques de retour aux actionnaires de l'entreprise.
De plus, les tensions géopolitiques avec la Chine posent un autre risque, en particulier pour les exportateurs de technologies et d'industriels à grande capitalisation dépendants du tourisme chinois et des chaînes d'approvisionnement en minéraux de terres rares. La politique étrangère de la nouvelle administration a déjà incité Pékin à décourager le tourisme vers le Japon. Ces pressions sectorielles et géopolitiques soulignent la nature bifurquée du marché actuel, où l'attrait généralisé des réformes structurelles coexiste avec des risques significatifs à court terme.