Dépenses de défense doublées à 143 milliards de shekels, le déficit poussé à 4,9% du PIB
Le parlement israélien a adopté un budget d'État de 699 milliards de shekels (222 milliards de dollars) pour 2026, réorientant les finances de la nation pour soutenir une guerre prolongée sur plusieurs fronts. Le budget alloue 143 milliards de shekels à la défense, soit une augmentation de plus de 120 % par rapport aux niveaux de dépenses avant le début du conflit à Gaza en 2023. Cette forte hausse des dépenses militaires, combinée à un objectif de déficit budgétaire de 4,9 % du PIB, sera financée principalement par un recours accru à l'emprunt public et une coupe transversale de 3 % dans tous les ministères civils.
L'approbation du budget a évité une dissolution automatique du gouvernement, qui aurait été déclenchée s'il n'avait pas été adopté avant fin mars. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a obtenu le soutien nécessaire de la coalition en écartant des propositions législatives controversées, y compris un projet de loi litigieux sur les exemptions de service militaire pour les ultra-orthodoxes, afin de maintenir l'unité politique.
La tension fiscale déclenche une liquidation du marché et des dégradations économiques
Les inquiétudes des investisseurs concernant la détérioration de la situation fiscale ont provoqué une vive réaction du marché. L'indice Tel Aviv 35 a chuté de 3,8 %, sa plus forte baisse en une seule journée depuis près d'un an, effaçant tous les gains réalisés depuis l'escalade du conflit avec l'Iran en février. En réponse à l'accroissement du fardeau de la dette, Fitch Ratings a maintenu la note de crédit souveraine 'A' d'Israël mais a révisé ses perspectives à négatives. L'agence de notation prévoit que le déficit réel pourrait atteindre 5,7 % du PIB, un chiffre nettement supérieur à l'objectif de 4,9 % du gouvernement.
Le coût économique de la guerre force des révisions généralisées des prévisions. La Banque d'Israël devrait maintenir son taux d'intérêt directeur à 4,0 %, tandis que les économistes réduisent les projections de croissance d'une prévision de 5,2 % avant la guerre à seulement 3 %. Le conflit prolongé alimente également les inquiétudes concernant l'inflation, créant un dilemme politique difficile pour la banque centrale.
Une guerre à long terme pourrait entraîner une nouvelle hausse de l'inflation. Dans le même temps, la plupart des grandes banques centrales sont maintenant passées en mode de hausse des taux, et la Banque d'Israël est peu susceptible d'aller à l'encontre de cette tendance.
— Économistes, Bank Hapoalim.