Les marchés américains chutent alors que le pétrole dépasse 104 dollars
Les marchés mondiaux ont ouvert la semaine sur une note baissière alors que la guerre en Iran entrait dans sa cinquième semaine, les contrats à terme sur les indices boursiers américains ayant chuté le dimanche 29 mars. Ce déclin fait suite à une forte baisse à Wall Street où le S&P 500 et le Nasdaq, à forte composante technologique, ont tous deux clôturé à leurs plus bas niveaux depuis septembre, poussant le Nasdaq en territoire de correction. Le sentiment d'aversion au risque reflète la prise de conscience croissante des investisseurs que les conséquences économiques du conflit seront graves et durables.
L'anxiété est plus visible sur les marchés des matières premières et des obligations. Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent, référence mondiale du pétrole, ont dépassé les 104 dollars le baril, exerçant une pression sur les marges des entreprises et les dépenses de consommation. Simultanément, le rendement des bons du Trésor à 2 ans, très sensible aux attentes d'inflation, a dépassé 4 % alors que les investisseurs se préparaient à une inflation persistante. Même les actifs refuges n'ont offert que peu de répit, l'or ayant effacé presque tous ses gains de 2026.
Les PMI signalent un ralentissement mondial synchronisé
Le conflit déclenche un ralentissement synchronisé dans les plus grandes économies du monde. Les indices des directeurs d'achat (PMI) compilés par S&P Global pour mars ont révélé de fortes baisses de l'activité commerciale aux États-Unis et dans la zone euro. L'indicateur composite pour l'Australie a chuté en territoire de contraction, tandis que l'activité manufacturière indienne a ralenti à son rythme le plus faible depuis 2021, sonnant ce qu'un économiste a appelé des "cloches d'alarme de stagflation".
L'Europe semble particulièrement vulnérable. L'Institut allemand de politique macroéconomique (IMK) a averti jeudi qu'une guerre prolongée pourrait entraîner un blocage de la croissance économique du pays à seulement 0.2% pour 2026, une réduction drastique par rapport à sa projection de 1.2% en décembre. Le scénario de risque de l'institut prévoit une inflation allemande atteignant 3.1%. La pression est déjà évidente, l'inflation des coûts des intrants allemands accélérant vers un plus haut de trois ans et un indicateur similaire pour la fabrication britannique enregistrant sa plus forte hausse depuis 1992.
Les risques géopolitiques menacent un pétrole à 150 dollars
Les dommages économiques résultent de graves perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales. La guerre a entraîné la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, une voie navigable critique pour l'énergie et les matières premières. La fermeture de ce point d'étranglement restreint déjà l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) et en urée, un composant clé des engrais, menaçant la sécurité alimentaire alors que de nombreux pays entrent dans la saison des semis.
Les analystes avertissent maintenant d'un choc bien plus important si l'Iran met à exécution ses menaces de fermer un deuxième détroit clé, celui de Bab el Mandeb. Une telle mesure pourrait faire grimper les prix du pétrole à 150 dollars le baril. Les retombées frappent déjà les nations en développement les plus durement, le Pakistan fermant des écoles pour économiser le carburant et l'Inde exhortant les restaurants à fermer. Cette combinaison de pénuries de carburant et de coûts exorbitants écrase les gouvernements endettés et augmente le risque de troubles sociaux.