Le pétrole gagne plus de 5% sur la semaine en raison des craintes de perturbation de l'approvisionnement
Les prix du pétrole brut ont terminé la semaine en hausse de plus de 5%, atteignant leurs plus hauts niveaux en six mois environ, alors que le marché réagissait à l'escalade des risques géopolitiques entre les États-Unis et l'Iran. Bien que les échanges quotidiens aient été mitigés, la tendance générale a vu les investisseurs intégrer une prime de risque substantielle. Le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mars a baissé de 0,1% pour s'établir à 66,39 dollars le baril, tandis que le Brent de référence international a légèrement progressé de 0,1% pour clôturer à 71,76 dollars le baril. Ces gains reflètent une inquiétude croissante quant à la possibilité qu'un échec diplomatique puisse conduire à une action militaire, menaçant ainsi les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Les États-Unis fixent un délai de 10 à 15 jours pour l'accord nucléaire iranien
Le principal moteur de l'anxiété du marché est le délai de 10 à 15 jours fixé par les États-Unis pour les négociations sur le programme nucléaire iranien. Le président Trump a déclaré que cette période était le temps "maximum" qu'il accorderait pour un accord, avertissant d'un résultat "malheureux" autrement. Cet ultimatum intervient alors que les États-Unis continuent de renforcer leur présence militaire au Moyen-Orient, un mouvement que les analystes de Commerzbank Research ont souligné comme un facteur clé de soutien des prix. Cette combinaison d'un calendrier strict et d'une posture militaire rend un conflit potentiel et une perturbation subséquente de l'approvisionnement un scénario de plus en plus plausible.
Les analystes prévoient que le Brent pourrait atteindre 75 dollars
Les analystes de marché estiment que la situation actuelle présente un risque de hausse significatif pour les prix du pétrole. Selon Amarpreet Singh de Barclays, la plupart des issues plausibles de l'impasse américano-iranienne comportent une "menace significative de perturbation de l'approvisionnement". Ce sentiment est partagé par d'autres institutions financières. Citi a présenté un scénario haussier pour le Brent, le voyant atteindre 75 dollars le baril, un scénario qui ne prend notamment pas en compte l'impact catastrophique d'une fermeture complète du détroit d'Ormuz. Si le conflit devait s'intensifier et perturber le transit par cette voie maritime critique, les analystes s'accordent largement à dire que les prix grimperaient considérablement plus haut.