L'Iran rejette l'allègement des sanctions américaines comme une manœuvre « psychologique »
Le gouvernement iranien a agi le 20 mars pour dissiper les spéculations sur de nouvelles livraisons de pétrole, contredisant directement les signaux de Washington. Saman Godousi, porte-parole du ministère du Pétrole, a déclaré que l'Iran n'avait pas de surplus de pétrole brut disponible pour le marché international. Il a qualifié les récents commentaires du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, concernant un éventuel allègement des sanctions d'« opération psychologique » visant à donner de faux espoirs aux acheteurs et à contrôler artificiellement le sentiment du marché.
Cette déclaration est une réfutation directe d'une proposition américaine lancée le 19 mars visant à lever temporairement les sanctions sur environ 140 millions de barils de pétrole iranien actuellement en mer. L'initiative américaine visait à maîtriser les prix mondiaux de l'énergie qui ont fortement augmenté depuis le début d'une guerre régionale impliquant les États-Unis et l'Iran fin février.
Le Brent se maintient près de 108 $ alors que le conflit étouffe l'approvisionnement
L'affrontement stratégique sur l'approvisionnement en pétrole intervient alors que la guerre paralyse les infrastructures énergétiques clés et les routes maritimes. Le conflit a effectivement stoppé le transit par le détroit d'Ormuz, un point de passage crucial pour un cinquième de la consommation mondiale quotidienne de pétrole. Cette perturbation a retiré du marché mondial environ 10 %, soit 10 millions de barils par jour, propulsant le Brent d'environ 70 dollars le baril avant la guerre à environ 108 dollars.
Ce choc des prix a mis l'administration américaine dans une position difficile, la forçant à explorer des mesures non orthodoxes pour augmenter l'approvisionnement. La proposition d'autoriser le pétrole iranien sanctionné sur le marché reflète ce qu'un analyste a appelé une « situation où chaque baril compte » pour les décideurs politiques américains qui tentent d'atténuer les retombées économiques de la guerre.
Les analystes remettent en question la libération de 140 millions de barils
Les experts du marché restent profondément sceptiques quant à la stratégie américaine, soulignant ses risques politiques et économiques. Le plan visant à permettre à l'Iran de vendre du pétrole tout en étant activement engagé dans une guerre avec les États-Unis a été qualifié de « revirement de politique stupéfiant ». Les critiques avertissent que cette mesure pourrait involontairement fournir des fonds pour l'effort de guerre de l'Iran.
Pour le dire gentiment, c'est insensé. Essentiellement, nous permettons à l'Iran de vendre du pétrole, qui pourrait ensuite être utilisé pour financer l'effort de guerre.
— David Tannenbaum, directeur, Blackstone Compliance Services.
En outre, les analystes s'interrogent sur l'efficacité du plan. Les 140 millions de barils en mer ne représentent au mieux qu'une injection temporaire d'approvisionnement, et les experts suggèrent qu'une grande partie de ce pétrole pourrait déjà atteindre des acheteurs comme la Chine par le biais de l'évasion des sanctions. Le problème fondamental reste le blocus physique du détroit d'Ormuz, qu'une levée limitée des sanctions ne résout pas.