L'Iran impose des conditions pour le passage dans le point de passage stratégique gérant 20 % du pétrole mondial
Le 22 mars, l'Iran a déclaré que les navires non "ennemis" pouvaient traverser le détroit d'Ormuz, une artère essentielle pour environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Cependant, l'offre s'accompagne d'une réserve importante : tous les navires doivent coordonner directement avec les autorités iraniennes les arrangements de sécurité. Cette décision ajoute une nouvelle couche de risque opérationnel et d'incertitude pour les compagnies maritimes mondiales, qui ont largement évité le détroit depuis le début d'un conflit régional impliquant les États-Unis et Israël le 28 février. Cette politique confère de fait à Téhéran un contrôle discrétionnaire sur le passage, maintenant son levier sur les marchés énergétiques mondiaux.
Les prix du brut restent élevés, au-dessus de 100 dollars le baril
L'annonce ambiguë n'a pas réussi à calmer les marchés de l'énergie. Depuis le début du conflit, au moins 15 pétroliers ont été attaqués dans la région, ce qui a quasiment interrompu le trafic. Cette perturbation a fait grimper les prix du pétrole brut d'environ 67 dollars le baril à plus de 100 dollars. Le Brent, référence internationale, s'est récemment échangé autour de 109 dollars le baril après avoir brièvement touché 120 dollars. La tension du marché se reflète également dans l'élargissement de l'écart entre le Brent et le brut West Texas Intermediate (WTI), qui a atteint son point le plus large en plus d'une décennie, signalant une grave dislocation entre les flux de pétrole par voie maritime et l'approvisionnement américain sans accès à la mer.
Les États-Unis s'efforcent de trouver des solutions alors que les alliés rejettent la mission militaire
Washington poursuit de multiples voies pour atténuer le choc de l'approvisionnement mais fait face à d'importants vents contraires diplomatiques. L'administration américaine a obtenu un accord de la part des 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie pour libérer 400 millions de barils de pétrole des réserves d'urgence. Elle a également signé une dérogation de 60 jours à la loi Jones pour permettre un transport plus flexible du carburant entre les ports américains. Cependant, une partie centrale de sa stratégie – la formation d'une coalition navale internationale pour protéger le transport maritime – a été rejetée par des partenaires clés. L'Allemagne a publiquement refusé de participer, un porte-parole du gouvernement déclarant : « Ce n'est pas la guerre de l'OTAN. » Ce manque de soutien allié complique les efforts visant à sécuriser le détroit de 100 milles de long, laissant le marché exposé à une perturbation prolongée.