La crise iranienne menace de réduire de moitié la croissance du PIB allemand en 2026
La reprise économique de l'Allemagne est menacée alors que les retombées du conflit en Iran impactent directement ses perspectives de croissance. Des calculs gouvernementaux internes, révélés le 26 mars, montrent qu'une crise prolongée au Moyen-Orient pourrait réduire la croissance du PIB du pays en 2026 à seulement 0,5 %, soit la moitié du 1 % officiellement prévu. Même une perturbation à court terme, ne durant que quelques semaines aux niveaux actuels des prix de l'énergie, limiterait la croissance à une fourchette de 0,6 % à 0,7 %. Les projections indiquent que les dommages économiques s'étendraient jusqu'en 2027, avec une croissance attendue de 1,2 %, soit 0,1 point de pourcentage de moins que ce qui était précédemment anticipé.
Ces sombres prévisions font suite à deux années de contraction économique et de quasi-stagnation pour la plus grande économie d'Europe. La Banque centrale allemande, la Bundesbank, a déjà revu à la baisse ses propres attentes économiques, citant explicitement le conflit iranien comme un facteur de risque majeur qui pourrait entraîner un blocage de l'économie au premier trimestre.
Le ralentissement projeté force la discussion d'une hausse de la TVA à 21 %
Le net ralentissement économique représente un défi majeur pour les finances publiques allemandes, car une croissance plus faible se traduit directement par des recettes fiscales moindres. Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz doit déjà faire face à un déficit budgétaire qui pourrait atteindre 140 milliards d'euros d'ici 2029 et nécessite une coupe budgétaire de 20 milliards d'euros pour l'année à venir. Le manque à gagner projeté en raison du ralentissement économique exacerberait considérablement ces pressions.
Les réductions de dépenses étant jugées insuffisantes à elles seules pour équilibrer le budget, les autorités allemandes ont commencé à envisager d'augmenter la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de son taux actuel de 19 % à au moins 21 %. Une telle mesure constituerait un défi politique majeur pour la coalition au pouvoir, le chancelier Merz s'étant auparavant engagé à ne pas augmenter les impôts. Cette discussion souligne la gravité de la crise budgétaire provoquée par le choc externe du Moyen-Orient.
Le PMI de la zone euro atteint un plus bas de 10 mois alors que le conflit étouffe la croissance
La tension économique ne se limite pas à l'Allemagne. Une récente enquête de S&P Global montre que la croissance économique dans la zone euro a presque stagné, l'indice PMI composite de la production flash de la zone euro chutant à 50,5 en mars — un plus bas de 10 mois. Le rapport a sonné les "cloches d'alarme de la stagflation" alors que le conflit fait grimper les prix de l'énergie et perturbe les chaînes d'approvisionnement critiques, notamment via le détroit d'Ormuz.
Le ralentissement est caractérisé par une forte baisse des nouvelles commandes et une détérioration de la confiance des entreprises. La chute des attentes de production future a été la plus importante enregistrée depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, signalant que les entreprises du continent se préparent à une période prolongée de difficultés économiques directement liée à l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient.