Le rapport sur l'inflation de 3,0% en février précède une hausse de 9% du prix de l'essence
Le taux d'inflation annuel du Royaume-Uni est resté stable à 3,0% en février, correspondant au chiffre de janvier et s'alignant sur les prévisions des économistes, selon l'Office for National Statistics. Ces données, collectées avant l'escalade géopolitique au Moyen-Orient, ont également montré une modération de l'inflation des services à 4,3%, son niveau le plus bas depuis mars 2022. Cependant, cette image de stabilité a été brutalement brisée par une forte augmentation des coûts de l'énergie découlant du conflit.
Le conflit a déclenché un choc significatif sur les prix de l'énergie que les données de février ne reflètent pas. Depuis la collecte des chiffres officiels, le prix moyen d'un litre d'essence sans plomb a augmenté de 12 pence, soit une hausse de 9%, selon les données de la RAC. Les entreprises signalent des impacts encore plus graves, une entreprise dépendante du fioul domestique ayant vu ses prix passer de 59 pence le litre à 1,50 £ en seulement deux semaines, menaçant de répercuter ces coûts d'exploitation plus élevés sur les consommateurs.
Les marchés anticipent quatre hausses de taux alors que la Banque d'Angleterre abandonne l'assouplissement
La Banque d'Angleterre a réagi à la pression inflationniste en maintenant ses taux d'intérêt à 3,75% et en abandonnant sa position auparavant dovish. La banque centrale avait précédemment prévu que l'inflation reviendrait à son objectif de 2% au deuxième trimestre de 2026, ouvrant la porte à des baisses de taux. Désormais, la Banque d'Angleterre prévoit que l'inflation pourrait atteindre 3,5% au cours des prochains trimestres, tandis que les analystes de Pantheon Macroeconomics prévoient un pic à 3,7% en novembre.
Ce pivot de politique a provoqué une réévaluation spectaculaire sur les marchés financiers. Les investisseurs sont passés d'une anticipation de baisses de taux d'intérêt dès mars à une anticipation de trois ou quatre hausses de taux au cours de 2026. Bien que le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Andrew Bailey, ait prôné une approche "attentiste", le revirement rapide du marché souligne la gravité de la nouvelle menace inflationniste.
Le risque de stagflation s'accroît alors que les prévisions de PIB sont réduites de 0,8%
La combinaison de la hausse des prix et du resserrement monétaire attendu crée un risque significatif de stagflation pour l'économie britannique. L'activité économique était déjà modérée, avec un PIB en croissance de seulement 1,3% en 2025. En réponse au choc énergétique, Pantheon Macroeconomics a déjà abaissé sa prévision de croissance cumulative du PIB pour 2026 et 2027 de 0,8 point de pourcentage.
Cet environnement difficile représente un défi majeur pour la Banque d'Angleterre. Une politique monétaire plus stricte visant à freiner l'inflation pourrait freiner davantage la croissance économique, qui est déjà mise à rude épreuve par un marché du travail faible où le chômage reste proche de ses plus hauts niveaux en cinq ans. Les dommages à la croissance résultant du conflit pourraient à terme faire baisser l'inflation à long terme, mais les perspectives immédiates indiquent une combinaison douloureuse de ralentissement de l'activité et de hausse des coûts.