Les actions européennes chutent de 4,6 % alors que le pétrole dépasse les 100 $ USD
Le conflit qui a débuté avec les attaques contre l'Iran le 28 février a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers, les actions européennes subissant le plus fort des ventes. L'indice phare européen Stoxx 600 a reculé de 4,6 % depuis le début de la crise, une baisse nettement plus importante que les 2,4 % observés pour le S&P 500 américain sur la même période. Cette divergence souligne la vulnérabilité accrue du continent à l'instabilité du Moyen-Orient en raison de sa forte dépendance aux importations d'énergie de la région.
L'anxiété du marché est alimentée par une forte escalade des coûts de l'énergie. Le Brent, référence mondiale du pétrole, a dépassé les 100 dollars le baril alors que le conflit perturbe les voies de navigation critiques. Le prix du pétrole a augmenté de 40 % depuis le début du conflit, tandis que les prix du gaz de gros ont bondi de près de 60 %, intensifiant les craintes d'une inflation persistante et d'une pression potentielle sur les bénéfices des entreprises et les dépenses de consommation.
La BCE face au dilemme de l'inflation avec un taux maintenu à 2 %
La Banque Centrale Européenne (BCE) est désormais confrontée à une décision politique difficile alors qu'elle se prépare pour sa prochaine réunion. Bien que le marché s'attende largement à ce que la banque centrale maintienne son principal coût d'emprunt à 2 % pour une sixième réunion consécutive, les perspectives ont fondamentalement changé. L'inflation de la zone euro avait déjà augmenté à 1,9 % en février, un chiffre qui ne tient pas compte de l'impact total de la récente flambée des prix de l'énergie.
Cette nouvelle pression sur les prix a contraint à une réévaluation de la trajectoire future de la politique de la BCE. Les marchés monétaires intègrent désormais pleinement une hausse de taux d'un quart de point de pourcentage d'ici juillet, avec une probabilité de 85 % d'une deuxième hausse avant la fin de l'année. Les économistes prévoient qu'aux prix actuels de l'énergie, l'inflation de la zone euro pourrait atteindre 3 % au second semestre de l'année, bien au-dessus de l'objectif de 2 % de la BCE. Comme l'a noté Claus Vistesen, économiste en chef pour la zone euro chez Pantheon Macroeconomics :
Les décideurs ne sont plus « dans une bonne position » et sont confrontés à un défi de communication difficile lors de la réunion de demain.
— Claus Vistesen, Économiste en chef pour la zone euro chez Pantheon Macroeconomics.